♫ ♫ « Chinese birthday party, getting younger every day… »

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♫ ♫ « Chinese birthday party, getting younger every day… » ♫ ♫ Les paroles d’une chanson des Stinky Toys ancrées dans ma mémoire depuis les années 80… Celles qui étaient petites à l’époque et qui s’en souviennent doivent atteindre, comme moi, ces temps-ci la fameuse quarantaine. Grâce à Elli et Jacno, j’ai longtemps cru qu’il me suffirait de fêter mes anniversaires « à la chinoise » pour rajeunir, le fait est que, ça y est, on y est presque et toutes les chinoiseries du monde ne m’ont pas permis de remonter le cours du temps… Merci quand même Elli et feu Jacno pour ces bons moments où j’y ai cru, un peu comme on croit, enfant, au Papa Noël…

Je ne peux pas dire que d’arriver bientôt à la quarantaine n’a aucun effet sur moi. Je suis passée de l’étape : « Tu fais trop jeune, on ne peut pas te faire confiance pour ce job » à celle de : « Ce n’est pas à presque 40 ans qu’on peut se lancer dans telle activité », à peu près comme toutes mes meilleures copines du même âge qui remettent actuellement en question leur boulot et leur mode de vie… Quarantaine quand tu nous tiens.

Il parait qu’à la quarantaine la femme veut combler un vide existentiel en reprenant des études, s’investissant dans un nouveau projet, s’occuper à mort de son corps, changeant de look ou ayant recours à la chirurgie. Bref l’hyperactivité et l’envie de tout chambouler dans sa vie seraient les symptômes de cette petite crise égotique passagère (quoiqu’elle puisse durer plusieurs années !).

Pour ma part quand je lis ça j’ai l’impression d’avoir la crise de la quarantaine depuis mes 20 ans… Je suis une hyper active niveau artistique, je l’ai toujours été. J’ai régulièrement chamboulé ma vie, environ tous les 5 ans, on efface tout et on recommence… Dur dur donc de distinguer les symptômes de ladite crise de ma nature profonde…

Quoiqu’il en soit ma crise à moi a débuté avec la mort d’un pote d’enfance. Quand t’as pas 40 ans et que ce sont tes copains de collège qui commencent à passer l’arme à gauche, tu angoisses un peu, forcément…

Après avoir rejeté la chose en tentant d’ensevelir cette histoire et de ne pas me rendre trop malade, j’ai commencé à faire des cauchemars et me taper des maux de ventre psychosomatiques. J’ai du me prendre 1 semaine de congés pour râler sur l’injustice de la vie et pleurer un peu pour passer le cap.

Régulièrement je me réveille vers 1h00 du mat’ et je cogite sur ma vie et toutes les choses que j’ai faites ces dernières années (j’ai tout de même eu 2 mariages, un bébé qui est maintenant grand, j’ai pondu une quinzaine de livres, écrit un petit millier d’articles pour les magazines, enregistré un disque, monté trois boites, voyagé dans le monde entier, acheté une maison à rénover en totalité…). Bref ma vie a été bien remplie. Je pense aussi la nuit vaguement à ceux qui sont partis et au lieu de me sentir triste, j’ai tendance à me dire qu’il faut laisser derrière ceux qui sont derrière… Pas cool hein ?

Mais ainsi va la vie. Je suis un peu irritable quand je pense au temps qui passe mais en même temps je pense aussi que j’aborde cette période avec pas mal de chances : une petite famille adorable et un mari en or, une maison bien à moi que je peux décorer à la « California Mind », une carrière artistique qui décolle et me comble, un album à sortir en juin qui m’empêche de trop cogiter la journée, des livres qui commencent à se vendre et surtout j’ai repris ma santé et mon corps en main à 32 ans, ce qui fait que j’ai le corps que j’aurais du avoir à 20 ans à presque 40 ans. Finalement c’est mieux dans ce sens-là que dans l’autre ! Je suis aussi très fière d’écrire des chansons pour les autres (je suis sociétaire de la SACEM). Et malgré la dureté de la vie d’artiste, je dois dire que je n’envie nullement mes copines qui bossent dans un bureau, enregistrent des bagages toute la sainte journée ou s’enquiquinent à faire signer des contrats d’assurance, même avec un bon salaire à la clé.

Il y a peu voici que je ressors une photo de moi au lycée. Et là, c’est le choc: pas de vilain petit canard, pas même la fille marginale qu’il me semblait être mais juste… la fille que j’ai perdu à un moment donné et que j’ai mis 20 ans à redevenir! Bah merde! Tout aurait été plus simple si je m’étais acceptée telle que j’étais à l’époque (j’ai raconté dans un autre post comment j’avais fait machine arrière pour retrouver mes cheveux naturels, mes sourcils d’origine etc. tant de lutte… Ce n’est qu’un petit pan du processus global bien-sûr).

Voici peut-être le secret pour surmonter la crise de la quarantaine : ne rien changer à sa vie mais accepter le bon côté des choses et de ce que l’on possède. Pour ma part donc au lieu de vouloir tout changer, j’ai plutôt tendance à vouloir tout retrouver comme à l’origine: la spontanéité perdue par le conditionnement ambiant, le naturel perdu par l’application des modes diverses etc. Je peux dire que ça fait du bien d’être soi, égale à soi-même, sans tenter de corriger sans cesse le physique ou le comportement. J’ai un peu retrouvé mon attitude rock’n’roll de mes 20 ans, que voulez-vous, le naturel revient au galop mais tant pis, mieux vaut être détestée pour ce qu’on est qu’aimée pour ce qu’on est pas…

Personne n’a jamais dit que la quarantaine devait obligatoirement constituer un nouveau départ. C’est une continuité point barre!

Un livre sympa sur le sujet, si vous le souhaitez, et le so mythic « Birthday party » des Stinky Toys.

La crise de la quarantaine

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