Adopt don’t shop : Welcome Titiwham !

Un mode de vie qui permet vraiment d’adopter un chien

Vous l’avez certainement compris si vous lisez ce blog : malgré tout ce que j’ai entendu et tout ce que je continue d’entendre sur mon soi-disant « mode de vie » (qui par ailleurs me convient très bien) je travaille à la maison ! Cela fait maintenant 7 ans que je vis avec ma petite famille à la campagne, que nous avons quitté Paris pour expérimenter le vert en y achetant notre propre maison à restaurer (ce qui nous a permis d’éliminer un loyer parisien devenu plus que pesant…) En appartement, je n’aurais jamais pu reprendre un animal car laisser un chien (même de petite taille) en appartement toute la journée c’est une forme de maltraitance selon moi… C’est comme lorsqu’on travaille toute la journée en entreprise, l’adoption est impossible, à moins d’avoir un bon dog sitter bien-sûr ! Donc oui j’ai du temps pour m’occuper d’un animal toute la journée puisque mon travail consiste à rédiger des articles, écrire des livres, composer des musiques et écrire des paroles pour des interprètes (souvent des américains), traduire et adapter des chansons vers le français, être voix-off et dispenser des séances de sophrologie au domicile de mes clients (le seul moment où je suis à l’extérieur). Sans être une grande altruiste (bien que j’aime quand même aider les autres de temps en temps, c’est aussi ma vocation de thérapeute), j’ai toujours adopté des chiens en refuge… Je n’ai jamais acheté un seul chien chez un éleveur. D’ailleurs je n’ai toujours eu que des croisés et je ne m’en suis pas plus mal portée… #stoplesnobisme ! #adoptdontshop sont devenus mes hashtags privilégiés depuis 4 ans.

« Je ne suis pas éleveur » …

A l’adolescence nous avions adopté Peluche, un croisé Griffon-Schnauzer de 5 ans, qui nous avez été amené par une protectrice des animaux gardant les chiens disponibles à l’adoption chez elle en « famille d’accueil ». Nous n’avions pas eu la possibilité de choisir. Nous lui avions bien décrit ce que nous souhaitions mais elle nous avait elle-même arrêtés d’emblée : « Je ne suis pas éleveur et je ne m’enrichis pas non plus avec une animalerie… » Cela nous avez coupé le sifflet net. Quelques jours plus tard, elle déposait Peluche à la maison avec une surprise : Peluche attendait des chiots… Elle ne tarda d’ailleurs pas à mettre bas dans notre cuisine. Bref nous n’avions pas « choisi » Peluche mais avec son caractère doux et câlins nous l’avons gardé 12 ans, jusqu’à sa mort donc. Et nous avons apprécié sa présence tranquille rapidement.

Surinvestir la relation

La mort de Peluche a été un cataclysme à la maison. C’est vrai que j’avais déjà quitté le nid, je n’étais plus la préadolescente qui l’avait adoptée 12 ans plus tôt mais malgré tout la douleur de perdre Peluche qui faisait partie de la famille m’a empêché de re-adopter plus tard… Je n’avais pas envie de repasser par là et, surtout, la brave Peluche me paraissait irremplaçable… Il m’aura fallu 15 ans pour avoir le courage d’adopter un chien de nouveau. Avec les chiens de refuge, la relation est toujours très forte. Ceux qu’on appelle un peu vulgairement des « corniauds » constituent de véritables « amis » et font totalement partie de la famille et ce très rapidement. Il est prouvé que les chiens qui ont vécu une galère et qui ont réellement un « passé » avec un vécu lourd et qui traînent leurs bagages de cage en cage, de famille d’accueil en refuge, surinvestissent toujours la relation avec la première personne qui les sort de cet enfer. C’est pourquoi prendre son temps pour choisir un chien dans un refuge est essentiel. Craquer sur un chien en fonction de sa race ou de sa bouille c’est bien beau mais ça peut s’avérer désastreux pour l’animal au final… Car en cas d’échec, hop rebelote pour lui. C’est déstabilisant pour le chien que de commencer à donner son amour et se retrouver de nouveau derrière les barreaux… Par ailleurs, je suis toujours étonnée de voir le nombre de chiens de race comme les Bouledogues français ou les Jack Russel abandonnés dans les refuges. L’éducation de ces toutous est-elle difficile au point de les abandonner dès qu’ils atteignent l’âge adulte ? Trêve de bavardage.

Un habitué des refuges …

Il y a 3 ans j’ai adopté Gasper, un croisé griffon nivernais qui n’avait pas eu de bol dans la vie. Cet adorable grosse boule de poils avait perdu sa maîtresse vers l’âge de 9 ans et a été de mains en mains jusqu’à atterrir au refuge pour de longs mois. Pourtant Gasper était beau, tendre, calme et à priori en bonne santé… C’était sans compter une otite chronique qui nécessitait des médicaments et des antibios à vie. Pour un coût d’environ 80 euros par mois… Ne cherchons pas plus loin pourquoi le gentil Gasper revenait systématiquement en refuge après quelques semaines chez ses nouveaux propriétaires. Nous sommes loin d’être fortunés. Nous avons même probablement été les maitres les moins riches de Gasper mais par contre nous avons assumé les frais liés à son otite pendant les 3 belles années qu’il a passé avec nous. Gasper nous a beaucoup apporté et appris. Il est arrivé dans ma vie juste avant une période de deuil un peu compliqué et a été mon « thérapeute » pendant ces quelques années. Il a participé à tout : aux vacances à la mer et à la campagne, à mes concerts en salles comme en festivals, à mes répétitions en intérieur, en extérieur. Je l’emmenais même au studio d’enregistrement. Gasper c’était un super chien, j’en ai parlé ICI et LA. Les cendres de Gasper seront bientôt dispersées dans un lieu qu’il aimait bien. C’est un peu fou mais oui nous voulons de vraies « obsèques » pour notre toutou !

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Avec Gasper, alors 12 ans.

Le senior qui partira bientôt…

Après la mort de Gasper, les quelques deuils qui étaient restés en suspend dans ma vie se sont résolus naturellement. J’ai aussi eu davantage de discernement pour faire des choix simples. Comme celui de ne plus côtoyer du tout les gens défaitistes, pessimistes, les gens jaloux et ceux qui envient, quelque part, mon » statut » d’artiste (chose que je ne comprendrai jamais !) Gasper m’a fait comprendre que les liens essentiels n’étaient pas souvent ceux qui nous apparaissent comme les plus évidents. Du coup je ne sais pourquoi j’ai commencé à faire le ménage quand j’ai senti qu’il allait partir… Bien-sûr je m’en occupais allant le voir toutes les 15 minutes, le portant pour aller faire ses besoins, lui donnant à boire, à manger comme à un bébé alors que ses jours étaient désormais comptés… Mais en même temps je rangeais, je nettoyais, je javellisais tout ce que je pouvais, comme pour préparer un départ et un nouveau départ à la fois. Nous avons dit adieu à Gasper en plein orage, sous la grêle en cette fin août qui s’apparentait davantage à un mois de février… Quand Gasper est parti, le brouillard s’est levé et l’été est revenu. Il m’a fallu un bon mois pour me « relever » de tout ça… Pour accepter aussi le fait que j’avais « commandité » son euthanasie le voyant trop souffrir. Adopter un doyen c’est aussi prendre ce risque. On sait que le chien bénéficiera d’une belle retraite mais partira bientôt nécessairement…

Axée sur un doyen

Après cette belle relation avec un chien sage, zen et presque « bouddhiste » (après tout n’ayons pas peur des mots), j’ai décidé d’adopter de nouveau un senior mais le destin en a voulu autrement… J’ai écumé les sites des refuges pendant 3 semaines. Avec des contraintes différentes : un bébé de 20 mois à la maison qui court partout, balance ses jouets, est plein d’entrain surtout. Je recherchais donc un chien plus petit que Gasper, qui aime les enfants en bas âge et qui soit très câlin. J’étais pourtant assez bornée sur le « senior ». Je voulais un doyen pour partager un « vécu », une expérience de vie différente. Le parcours de l’autre, même chien, me passionne. Mais d’un autre côté il me fallait un chien différent de Gasper car je ne voulais pas avoir la désagréable impression de le remplacer. Tous les doyens pour lesquels je me suis déplacée ont été adoptés entre mon départ de la maison et mon arrivée au refuge, à chaque fois ! Pire encore un des doyens repérés a fait un AVC avant que je n’arrive ! Bref, cela semblait très mal engagé. Si mal que j’ai failli renoncer à adopter tout de suite… Comme nous vendons notre maison pour que j’aille ouvrir mon cabinet sur Vichy, mon mari ne cessait de me répéter : « Attends donc l’emménagement en Auvergne ! Tu trouveras bien un doyen là-bas! »

Un chien normal ?

Finalement j’ai recontacté le refuge où j’avais déjà adopté Gasper 3 ans auparavant. On me proposa de faire la connaissance de Titiwham. Certes c’était un jeune mais c’était un « corniaud » comme je cherchais et il aimait les enfants, jouant avec eux. Les aboiements de Titiwham m’ont un peu freinée au début, je dois admettre que j’ai eu du mal à l’imaginer « câlin » comme le vantait l’annonce.  Mais dès la première ballade nous avons craqué ! Pour moi c’était étrange de promener en laisse un chien si minuscule. Le bébé l’a serré dans ses bras un peu violemment mais le petit chien l’a couvert de léchouilles et a joué avec lui. Cela m’a rassurée. Que le chien s’entende avec le bébé et ne puisse pas lui faire de mal était notre principal critère. Bien entendu nous sommes prudents, nous gérons les excès d’excitation de l’un et de l’autre lorsqu’ils jouent ensemble à la maison. Notre fils nous a dit : « Gasper c’était comme un humain, celui-ci c’est un chien normal ! » et de continuer : » C’est différent et ce n’est pas plus mal de revenir à la normalité ». Je dois pourtant préciser que Titiwham est borgne. Ce n’est pas anodin, c’est aussi ce handicap qui nous a attendri. Sa différence. Il est parfois plus simple d’accepter la différence chez l’animal que chez l’homme.

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Titiwham, la rencontre au refuge. C’est Noé qui a pris cette photo rigolote.

Un chien tout fou !

Donc Titiwham fut réservé, vacciné, pucé, castré (eh oui ce n’est pas que nous soyons pour mais c’était une prérogative du refuge pour adopter) et nous attendit bien sagement durant 10 jours. Et ces 10 jours furent très longs. Nous avions hâte d’aller le chercher. Dans la voiture, il sauta sur mes genoux et regarda par la fenêtre, la tête au soleil, durant tout le trajet, heureux comme un roi !  Il s’habitua très vite à la maison, aux rituels et aux habitudes de chacun. Malgré une petite crise de jalousie de bébé (qui voulait dormir dans la panière en peluche du chien!), tout rentra très vite dans l’ordre. Finalement cela nous a tous semblé très étrange d’avoir ce petit chien tout fou à la maison car nous étions habitués au calme de Gasper et à son regard grave sur la vie et les gens.Voilà, je n’ai rien contre les gens qui ont « leur race » de prédilection et qui ne veulent pas démordre de l’animalerie ou de l’éleveur mais il faut quand même savoir que les chiens provenant des refuges ont souvent un supplément d’âme. Ils sont reconnaissants d’être sortis de leur condition et de leur vie de chien… D’autre le corniaud est un choix excellent.

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Titiwham aime flemmarder au soleil.

Pourquoi choisir un bon corniaud ?

Dans la majorité des cas le corniaud est un chien sans prétention mais aussi sans problèmes de santé. Pourquoi ? Parce qu’il n’est pas dégénéré par les consanguinité affectant parfois les chiens de race (j’ai eu un chat pur siamois mort à 9 mois d’une malformation cardiaque…). Le corniaud es souvent dépourvu d’affections héréditaires et est donc plus résistant. En principe la mixité dont ils résultent leur promet une belle adaptabilité. La plupart sont très ca^lins. C’est très vrai pour les croisés Griffon, ceux que j’affectionne vraiment. Titiwham est un croisé Fox. Ils présentent une facilité d’attachement et sont très fidèles. Ils vivent plus longtemps : Peluche, croisé Schnauzer a vécu 17 ans. Gasper, croisé Griffon nivernais aura vécu presque 16 ans malgré son souci d’oreille et ses antibios à vie… Une de mes amies a eu un griffon qui a vécu 18 ans, une autre un petit croisé fox qui a vécu 20 ans… Bref tout est bon dans le corniaud et c’est un chien qui sait vraiment partager les vie de famille.

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Parmi nous et en 10 jours Titiwham a déjà pris ses marques. Il s’est très vite adapté. Il est de toutes les parties et c’est le compagnon idéal pour moi qui travaille à la maison. Lorsque je rédige un article il reste à mes pieds. Dès que bébé dort Monsieur veille au grain. Vers 16h00 il vient prendre un café avec moi au bistrot du coin, en terrasse, sur mes genoux. Voici un nouveau membre de la famille, petit par la taille, grand par le coeur. Welcome Titiwham. #adoptdontshop !

 

 

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