Apostrophe hors du temps …

Moi qui suis une grande voyageuse (entre mes 8 et mes 40 ans, j’ai visité pas moins d’une trentaine de pays avec un petit faible pour les USA et la Grèce où je me suis rendue une vingtaine de fois ces dernières années), j’ai remarqué qu’il y avait, parfois, sur la route des vacances et au cœur de tout « road-trip » – les vrais voyageurs le savent – des étapes synonymes d’extase, absolument hors du temps où plus rien ne compte sauf l’instant présent. Je parle bien-sûr de ces parenthèses volubiles, fugaces et insaisissables, empreintes du doux parfum de Jadis et de royaumes qui n’existent finalement que dans les têtes des rêveurs (comme l’était mon mentor-parolier qui avait l’habitude de dire : « Peu importent les faits et les circonstances si vous êtes un vrai rêveur, rien n’est impossible ! Allez au bout de vos rêves! ») ou dans celle de Lewis Carroll… Ainsi je me souviens de ce réveil début septembre dans l’île quasiment déserte de Céphalonie, dans un hôtel rétro des années 50 avec vue sur le port et du petit-déjeuner pris sur le grand balcon en regardant l’équipe du film « Capitaine Corelli » plier bagages et embarquer des centaines d’énormes fly case sur le ferry, ou de cette aube du mois d’août où le soleil se levait doucement sur un Bryce Canon flamboyant pendant que la radio locale résonnait dans la tente d’à côté faisant vibrer le peu d’âmes qui passaient par là au son d’un somptueux « Mr Tambourine Man »… Il y a aussi des parenthèses plus simples, comme celle où l’on s’endort la tête posée sur l’épaule large d’un bon ami (« everyone needs a shoulder to cry on » est l’une de mes devises) sur les quais de Seine en regardant passer dans l’obscurité étoilée parisienne les bateaux mouches, tout en écoutant, d’une oreille distraite, des touristes italiens jouer à la guitare (comme je l’ai conté ici) « Under The Bridge » des Red Hot…

En faisant halte, en famille, à Montolieu, ce n’est pas à une parenthèse que nous avons eu à faire mais bien à une apostrophe ! Une apostrophe malicieuse qui vous interpelle hors du temps, de manière poétique, toute raffinée et tranquille, bien-sûr…

L’Apostrophe est un lieu intensément atypique qui accueille des voyageurs de toutes les nationalités (cette fois-ci j’ai discuté avec des londoniens adorables, quel délice l’accent londonien, après avoir bavardé en anglais US toute l’année pour la conception de mon album, c’est si plaisant de parler Anglais anglais ! ) mais aussi des artistes fort sympathiques avec leurs expositions, sur le site d’une ancienne manufacture du 18eme siècle.

Le lieu m’a immédiatement rappelé le « Paradis perdu » du film « Great Expectations » avec Ethan Hawke et Gwyneth Paltrow. Ses colonnes majestueuses envahies par le lierre et autres plantes luxuriantes, ses sols de damiers noir et blanc, ses grands salons et couloirs interminables pavés de marbre crème m’ont immédiatement évoqué ma halte italienne à Ancône, il y a quelques années, dans un Palace des années 40, à deux pas du port de plaisance, palace dont j’ai hélas oublié le nom (mais que je retrouverai peut-être via Google).

Et justement nous avons occupé la vaste chambre familiale des années 40 donnant sur le jardin, orientée plein sud, aux plafonds très hauts et au style d’époque. Je me suis délassée le soir, lorsque tout le monde dormait enfin, ô joie!, dans l’immense baignoire de la grande salle de bain avec tous ses éléments d’époque, sobres mais tellement classe finalement. Ce qui m’a marquée, c’est ce luxe à l’ancienne, désuet mais solide et lumineux comme on n’en fait plus, hélas.

Le site de l’hôtel comporte de nombreuses salles d’exposition dont une ancienne verrière, l’ensemble est imprégné de ce que l’on nomme « une âme », ce qui manque tant à de nombreux lieux se voulant « snob » mais n’ayant rien d’authentique au final.

Ici l’authenticité est à portée de main. C’est selon moi un lieu à voir, au moins une fois dans sa vie. Par ailleurs Montolieu est « village du livre », haut lieu de culture donc ! Tiens, cela me fait penser qu’il y a un bon moment que je vous promets la liste de ces fameux lieux à voir une fois dans sa vie au moins, lieux que j’ai sélectionnés avec soin pendant de nombreux mois, au fil de me pérégrinations que ne connaissent, en fait, que ceux qui les partagent réellement avec moi… C’est le privilège que possède encore le « vécu » par rapport au « récit ». Bref, ne vivez pas par procuration et allez voir l »Apostrophe par vous-mêmes ! Vous ne serez nullement déçus !

apostrophe2

apostrophe3

apostrophe4

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Be the first to comment

Laissez un commentaire