Ateliers et cours particuliers de butoh sur Montmirail

Les ateliers de butoh en petits comités ainsi qu’en cours particuliers reprennent sur Montmirail dès le 10 septembre. Ceux qui souhaitent découvrir cette danse qui « vient de l’intérieur » peuvent me contacter. Il ne s’agit pas de cours à proprement parlé mais plutôt d’un accompagnement, une « guidanse » donc. Les cours en petits comités auront lieu le dimanche à 14h00 (selon le nombre d’inscrits) pour les cours particuliers, me contacter (06.13.03.50.19)

 

Quelque chose qui vient de l’intérieur

Le butoh est né au Japon après la seconde guerre mondiale. J’en parle car il m’influence. Il a des attaches fortes avec les arts nés en Europe et notamment avec les périodes surréalistes et expressionnistes. Je connais son histoire et comment il a « moralement » sauvé l’identité japonaise à un moment, comment il est entré dans l’art du Japon. Mais bien-sûr il est évident que je ne danse pas dans un contexte d’après-guerre… Mais pour moi le butoh a vraiment un fort potentiel de guérison et c’est une thérapie en soi.Quand j’étais plus jeune j’ai pratiqué la danse classique (de 6 à 20 ans). Mais en même temps j’étais fascinée par la musique sombre, ce que nous nommions dans les années 80 l’électro, l’indus ou le mouvement « gothique ». Bien-sûr je dansais sur Bauhaus, Einsturzende Neubauten, Sopor aeternus et Tuxedomoon. C’était ma propre danse, quelque chose qui n’existait pas vraiment ailleurs. C’était quelque chose qui venait directement de l’intérieur. J’adorais tout de même la danse classique. A la même époque je validais un cursus en danse à la Sorbonne. Mais brutalement j’arrêtais. Je voulais danser librement. Les détails, la copie conforme de mouvements ancestraux n’étaient pas pour moi. je voulais danser plus tranquillement, avec moins de pression. J’aurais voulu tout simplement que danser soi comme respirer, regarder ou parler. Qu’on y pense pas des heures avant de s’y mettre.

L’esprit libre, l’esprit « butoh » comme une crise…

Je voulais que la danse ne soit qu’un mouvement naturel et je cessais alors de rechercher uniquement l’esthétique. Ce que je voulais était vraisemblablement trouver des endroits, de l’amour, de la souffrance ou d’autres émotions dans chaque mouvement. Le reste importe peu finalement. J’écris depuis mon plus jeune âge tout comme je danse. A 36 ans, il y a peu, je décidais de quitter certains magazines pour lesquels je travaillais comme journaliste. Certains sujets comme l’économie, la finance, la beauté m’apparurent alors comme totalement superficiels. Quand aux magazines spirituels… C’est un peu comme parler de la danse sans jamais danser… Bref, j’étais en pleine crise d’identité, dans une quête nouvelle de moi-même. Je revins à la danse et au travail du corps car je voulais écrire et danser en même temps. Exploration et guérison devaient faire partie du même souffle. Je commençais à me détacher de la religion pour croire en l’Univers, en l’attraction me paraissant plus rationnelle. J’ai trouvé dans la danse libre et le butoh un moyen de transformer des idées et concepts négatifs en optimisme, des vibrations sombres en vibrations positives. C’est pourquoi je reste à l’écart des gestes remplis de souffrance extrême comme on peut en voir dans le ankoku butoh sauf quand il est très nécessaire de les inclure, quand ils jaillissent malgré moi. Je n’aime pas ce qui relève du « grotesque » (sans sens péjoratif) mais j’adore la fluidité et la spiritualité d’Ohno.

Ce qui doit dormir ou s’éveiller

En tant qu’auteur, seules les histoires, les endroits et les endroits remplis d’histoires, justement, peuvent déterrer les profondeurs des émotions. C’est pourquoi j’ai besoin d’inclure des intentions fortes dans mes danses. Après la danse classique, sur « l’autoroute » de la vie, le butoh m’aide à construire, chaque jour, ma propre philo de la danse. Quand vous laissez votre passé et vos expériences passées longtemps maturer alors vous pouvez les redécouvrir, les déterrer de façon très précise, sans trop en faire dans le lâcher-prise… Alors vous pouvez danser! Pour moi il n’y a pas de sexe dans le butoh, juste des émotions bougeant du passé au présent et vice-versa. Je choisis quelles émotions doivent rester endormies et celles qui doivent émerger. Chaque danseur est unique. C’est pourquoi après avoir participé à de nombreux cours et ateliers en France j’ai pris ma propre direction. Je suis déjà professeur de danse et de gym douce et il me tenait à coeur de transmettre mes expériences. Bien-sûr je voudrais pouvoir inclure tout le monde à mes ateliers. Des enfants, des seniors, des personnes handicapées. Peut-être ne le voyez-vous pas mais j’essaye d’inclure à mes cours des choses de la nature et le monde « invisible » qui nous entoure. Le butoh m’aide à transformer mon esprit en quelque chose de positif. Il réduit mon stress. C’est pourquoi il doit être nourri d’amour et d’altruisme. Oui, il y a des gestes morts et des images mortes en nous. Bien-sûr, elles sont indiscernable à l’œil nu. Le butoh les révèle à travers la visualisation, l’exploration du corps. Alors le mouvement es capable d’émerger dans l’espace, d’en révéler les courbes et les formes. Toutes sont dotées d’une forte charge émotionnelle.

Au sujet de la « méthode »

J’en ai fait un ebook, dispo sous peu. A part ce travail je n’ai pas d’instructions toutes prêtes. Alors comment danser le butoh ou la danse de l’intérieur, la danse libre provenant de nos émotions primaires ? C’est un procédé de l’intérieur. Cette danse ne cherche pas à imiter la vraie vie, elle est remplie de l’idée d’extension du corps dans différents contextes comme le calme et la rébellion, le rêve ou le traumatisme, les mouvements asociaux ou l’altruisme etc.

Mes cours, ateliers et labos de danse sont sensés augmenter votre pratique car tout est là et pas ailleurs. Ils ne proposent que peu de théories. Ils vous apprennent surtout à danser sans bouger ni vous exprimer intentionnellement, artificiellement. Ils vous apprennent à être patient pour bouger naturellement et laisser votre intérieur s’exprimer. C’est une « guidanse » que je propose.

Au sujet des chorégraphies

J’ai un panel de mouvements qui ne sont pas improvisés mais qui sont nés d’improvisation. Certains sont inspirés du butoh-fu d’Hijikata. Dans les chorégraphies j’aime passer par une phase de déconstruction de l’intention e du geste. Cela laisse vivre et briller fugacement la gestuelle. Cette phase me prouve que j’ai récupéré une partie des émotions qui ont émergé au coeur de la danse sans toujours les faire miennes. Le butoh n’a rien à voir avec la possession. C’est tout le contraire!

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