« Only One » : Un baiser sur le bush

Billy Roberts and the Rough Riders

Personnellement il y a peu de groupes Country-folk colorés Blues qui me touchent encore, de nos jours, mis à part, peut-être, au fin fond du Tennessee… La country, on l’attend nécessairement « Americana genre » et elle ne se concocte donc pas si bien en Europe où les vrais pedalsteelers et autres bluesmen deviennent aussi rares que le son analogique d’autrefois… La folk, elle, nourrie dans les années soixante de chanteurs tellement mythiques qu’ils en sont devenus Clichés à l’instar de Dylan ou Buckley (père), et que le simple fait pour un chanteur contemporain de s’attribuer sa valorisante étiquette sonnerait, finalement, bien prétentieux… Et le blues… mes amis, parlons-en ! Qui peut encore à l’heure actuelle prétendre « faire du blues » ? Et pourtant je suis parfaitement saine d’esprit lorsque je qualifie le son de Billy Roberts et de ses deux cavaliers « bruts de décoffrage » (les Rough Riders) de Country-folk bluesy de haut vol.

Country australienne

Chez moi, la musique, ça passe ou ça casse… Je suis moi-même auteur, j’ai été musicalement nourrie au King et au Boss dans mon enfance, les vacances familiales c’était Memphis et Graceland… Quand à ma tendre moitié, fan de Freddy, il possède néanmoins tous les vinyles de Dylan, Buckley (père et fils cette fois) et Cash… Donc croyez-moi que lorsqu’on nous a parlé pour la toute première fois d’un groupe de Country australienne, avec de faux airs Springsteen dans la voix et de temps d’autres, on a gentiment tendu une oreille… critique, nécessairement. Billy Roberts and the Rough Riders, voyons voir ce que ça donne…

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Influences multiples pour « Only One »

Emballé, c’est pesé, « Only one », le premier single extrait de l’album « Greenbah » (du nom d’une ville australienne qui possède même son aéroport), a tellement bien résonné dans la maison qu’à peine dix minutes plus tard j’étais déjà en train de la fredonner en allant faire les courses… Il faut quelques minutes pour s’habituer à la voix du chanteur car elle évoque plusieurs gorges familières dont celle du Boss, par petites touches (mais pas que). Et puis même en écrivant une revue pour « Only One », j’ai écouté le reste qui n’a pas été sans m’évoquer Dire Straits…

Un baiser sur le bush

Au stylo et à la compo, applaudissez Billy. Roberts de son nom de famille. Les textes sonnent pop même s’ils se déroulent sur fond de country australienne. « Only One » est une chanson d’amour bien-sûr, qui vous donnera follement envie d’un « baiser sur le bush ». La guitare lead, les distorsions et tout ce son vibrant sont signés Alex Quinn. Les drums c’est Rory Facione. Et le trio excelle dans ce style « je produis un son énorme sans avoir l’air d’y toucher » que j’affectionne. Un peu d’humilité et de spontanéité, ça fait du bien, parfois !

Une réelle empreinte vocale

Que vous dire du son de ce trio brut de pomme sans vous conseiller d’écouter direct ? C’est leur façon de jouer qui confère avant tout ce son si particulier à la chanson « Only One » : un son plutôt clair mais légèrement saturé, un peu de picking très discret, des influences du côté de chez Chet Atkins pour la guitare, beaucoup de nuances et un son qui donne dans tous les sens et ceux du terme également. Et la vraie empreinte vocale du chanteur, totalement naturelle, enrouée non trafiquée, non lissée, ce qui nous manque tellement avec la musique Tout marketing dont on vole ici à mille lieues. La mélodie de « Only One » est hyper efficace à l’instar d’une balade du Boss qui entre en tête en moins de deux et qu’on aimerait à siffloter un soir d’été, sur une route de campagne ou en partance pour les USA ou l’Australie. Tout ça sent le voyage et l’exotisme, la country locale et le club de drums du coin.

Greenbah, le nouvel album

Quelles sont les ambitions de Billy et de ses Rough riders ? Pour l’instant ils travaillent en studio à leur nouvel album Greenbah et sont uniquement axés sur la réalisation de disques. Les concerts viendront plus tard. Mais je ne vous ai rien dit des paroles de « Only One » qui dure presque 5 mn : « J’ai fait semblant de ne pas te voir… Mais tu es toujours dans mon esprit. Tu es la seule que je veux, celle dont j’ai besoin … »

Mystère et fraicheur

J’ai posé quelques questions à Billy, le chanteur : » quand, pour qui, pourquoi ? » Mes tout cela restera secret… L’homme est discret, pas très expansif sur sa vie privée si vous voyez ce que je veux dire. Et cette magnifique pochette minimaliste, représente-t-elle un château d’eau de Greenbah ? Figure-t-elle un réservoir de vie, de talents, ou simplement un lieu que fréquentaient les membres du groupe plus jeunes ? Nous n’en saurons pas plus. Il y a chez Billy Roberts and the Rough Riders un côté bien mystérieux mais aussi toute cette fraicheur déjà largement insinuée par la couverture de leur album en devenir. Un matin de juin sous un ciel bleu, la campagne, les réservoirs d’eau, et pourquoi pas une vieille décapotable en vadrouille dans les grands espaces. Hum j’ai compris ! ça sonne la Route 66 à plein nez tout ça, mais version australienne !

Je ne peux que vous recommander d’écouter à votre tour et de critiquer ma revue par le biais des commentaires. J’en connais quelques uns qui se prêteront au jeu avec allégresse… Je vous quitte sur Only One :

 

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