« Boréal » : la Soft Electro lumineuse de Foux

Hier j’ai écouté en avant-première « Boréal », le tout premier EP de Foux, jeune musicien de 26 ans qui œuvre dans la musique électro à temps plein depuis qu’il a renoncé à une carrière d’ingénieur toute tracée… Alliant Créativité et Dynamisme à une certaine poésie sonore, Foux inscrit ses compositions dans la lignée de la French Electronica et dans la veine la plus » Soft Electro » qu’il soit. Si son EP frôle parfois ce que je qualifierais à la première écoute de « Smooth Chill Out House », c’est avec un côté plutôt juvénile et bon enfant qu’il officie. Rythmes enjoués, voix sucrées, boucles entraînantes… Il n’en fallait pas plus pour éveiller mon imagination et piquer ma curiosité du même coup… Focus sur un disque au son humble, frais et véhément.

Un onirisme Indie

Jetons tout d’abord un œil attentif à la pochette de « Boréal »… Ici point d’excentricité. L’artwork sobre et minimaliste représente ledit phénomène lumineux, rare et imprévisible, celui qui fait tant rêver les baroudeurs du monde entier… L’ensemble reste basique mais très graphique. A la base de l’aurore boréale émeraude figurant sur la pochette, Foux appose sa signature, à l’instar d’un spontané logo ce qui n’est pas sans conférer au visuel un côté à la fois onirique et « Indie ». Une illustration qui appelle d’emblée au voyage mais aussi probablement à une certaine reconnexion à la nature… Foux aspire-t-il à l’accalmie et à la contemplation après de trépidantes années estudiantines (un bac scientifique en poche, des études d’ingénieur au Canada, des stages à Boston et aux Pays-Bas…) ou a-t-il simplement trouvé sa voie et répondu à son appel le temps aidant ?

foux3

Textures ciselées et voix sucrées

Je pousserai mes investigations jusqu’à apprendre que, tout petit déjà, il se rêvait en musicien et que c’est à 4 ans qu’il débuta le piano. Jusqu’à ses 16 ans il jouera, sort réservé à la plupart des pianistes débutants français, de la grande musique classique et fera ses gammes bien sagement. C’est pendant ses études supérieures, le stress à son comble, qu’il trouvera un réel échappatoire en l’objet de son clavier, instrument vital, au point de créer une chaîne YouTube pour décompresser. Il laissera alors exploser sa créativité artistique grâce à la découverte de la M.A.O. Ses influences ? John Butler, C2C ou encore Caravan Palace. De ces derniers il effectuera même des reprises. Tous le contacteront plus tard, d’une façon ou d’une autre, touchés par son travail à la fois acharné et stylé. L’eau coule sous les ponts et ses mentors évoluent alors : Fakear, Petit Biscuit, Môme séduisent son âme… C’est en conciliant sa personnalité propre, ses messages personnels et intimes et toutes ces influences que s’ébauchera peu à peu son style, unique et volatile :  un mix électro-analogique aux influences World Music nuancées, aux vibrations brillantes où de nettes textures ciselées s’entrelacent à de cotonneuses nappes sonores rehaussées de féminines voix célestes.

Lointaines épopées

La signature de Foux ? Probablement le côté pointu de ses basses et de ses batteries et la présence d’envolées vocales tantôt sucrées tantôt lyriques, planantes, avec une réverbération non exagérée cependant. Et son côté « lointaines épopées »…C’est en crowfounding qu’il récoltera les fonds nécessaires à la production de « Boréal », 6 tracks qui ont, apparemment, pour vocation de démontrer ses talents mais surtout de faire rêver et danser l’auditeur. Ces 6 tracks qui s’enchainent de façon infiniment cohérente (parfois au point de tromper l’oreille pour ne former qu’une longue plage sonores de variations connexes), parlons-en un brin…

Intro (Down On The Sea)

Voici une plage introductive courte qui « ouvre la porte « de « Boréal » avec ses sons xylophonés patinés et ses claps entrainant et bien dosés. C’est le tout début du voyage et si vous êtes aussi bohème que moi, disons que c’est ce moment intense et fugace où on pénètre dans l’avion, où on pose le pied sur le tarmac ou sur le bitume du le port, juste avant le Départ… Cet instant béni qui va vous mener plus loin encore. Foux joue sur les niveaux sonores d’une voix féminine ensorcelante et persuasive pour guider l’auditeur vers la suite, l’horizon… Un peu trop courte à mon goût l’intro. On ne se refait pas…

Boo

Le titre s’inscrit très nettement dans la lignée de l’intro en tant que « suite ». J’aime son côté « ambient », ce balayage sonore efficace et spécifique qui marque les temps de ses boucles « proprettes ». C’est, selon moi, davantage une musique de journée qu’une musique de nuit de par sa fraicheur et son style lancinant mais pas entêtant pour un sou. Le rythme est tranquille. C’est celui d’une méticuleuse mise en orbite. L’avion décolle, le cargo large les amarres, comme vous voulez. Le quotidien et le connu s’éloignent. Mention spéciale à l’outro qui évoque irrésistiblement chez moi … le Depeche Mode des débuts (et plus spécifiquement l’excellent et classieux Speak And Spell). On flirte aussi ici avec cette légère propension au saupoudrage de notes claires sur un rythme léger, ce côté follement mutin qu’on retrouve aussi parfois sur les compos de Björk (elle aussi adepte des aurores boréales j’imagine…)

Green Mist

Cette brume verte est inattendue… Elle combine de volatiles voix féminines sur un rythme toujours entrainant aux paroles de Winston Churchill. Foux a ici utilisé un extrait du discours du 14 juillet 1940, discours francophile mais pessimiste où il enjoignait les français à « reprendre leurs esprits avant qu’il ne soit trop tard ». Bref un choix historique de la part du jeune chanteur visant, peut-être, au devoir de mémoire ou à témoigner de son attachement au pays (Foux vit actuellement à Londres).

Song for Boul

Mais qui est Boul ? Je vous laisse deviner. Selon moi c’est le magnus opus de cet EP. C’est clairement le titre le plus intense qui « brille » à un niveau supérieur et qui met en avant une voix lyrique non sans rappeler la fameuse diva bleue du film « Le cinquième élément ». Une belle puissance dont Foux a su tirer partie juste avant les drops. Un choix artistique judicieux que viennent mettre en valeur les percus, chimes, cloches, cuillères et autres shakers. On voyage pleinement maintenant. C’est la pleine mer, l’espace, les grands espaces… et c’est encore trop court à mon goût !

Dancing Lights

Encore un titre jovial, frais , entrainant avec une voix sucrée aux intonations de Bjôrk, des synthés, des sound effects, des percus soignées qui mènent la danse et l’odyssée à son paroxysme. C’est le point culminant du voyage. L’Everest de « Boréal ».

Aurora

Petit coup de cœur pour ce titre à l’intro enfantine qui rappelle les songes et les aventures de la cour de récré, l’imagination foisonnante des tous petits. J’aime la structure du morceau avec ses breaks qui relancent les drops sur des sonorités « australes » (le mot est lâché, enfin!) l’accalmie du milieu et ses accents insulaires et « créoles » à toute petite dose (oui j’ai beaucoup d’imagination moi aussi…) C’est à la fois gamin, malicieux et taquin. Imaginez une rafraîchissante pause sur une plage paradisiaque, sous des palmiers où ça « lounge » et « loaf » à tout va… La Dolce Vita. Le temps de se poser sans contraintes et celui de rêver à des pérégrinations plus lointaines encore…

Bref, un EP à découvrir de toute urgence pour constater à quel point il provoque l’envie de bouger à tous les sens du terme avec ses symphonies mélodiques à la lisière de la jeunesse et de la maturité artistique et ses envolées mi-gamines, mi-lyriques mais émotionnelles en tout cas. « Boréal » marque à la fois par le pacifisme de ses sons et son côté presque cinématique apte à provoquer l’introspection (scénarisée) tout en nuances, tout en douceur. Rien d’autre à ajouter. Courrez l’acheter !

Sa chaine YouTube

Son Facebook

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Be the first to comment

Laissez un commentaire