Ces amis perdus qui continuent de vous lire …

Young beautiful Parisian woman travelling in a subway train, sitting near the window and looking at the Eiffel tower

Cela fait des mois que je ne consulte plus vraiment les statistiques détaillées de mon blog. C’est une perte de temps conséquente qui pourtant peut vous éclairer sur qui suit vos aventures de vie, de couple, de mode ou de lifestyle, sur qui daigne vous lire… Lorsque je vois les noms de petits villages que je connais bien s’afficher dans mes statistiques Google, je devine aisément qui est venu chercher sur mon blog une info, une photo, une confirmation… Bizarrement ce ne sont pas les articles communs (mode par ex) qui sont le plus consultés par ces gens mais plutôt les articles persos (mariage, naissance, concerts…).

Lorsqu’on vieillit, on perd nécessairement quelques amis au passage, je ne vais pas vous l’apprendre! Moi qui suis plutôt fidèle en amitié, il y a des « disparitions » que je ne m’explique pas. Lorsque les relations s’effritent sur la base de petits succès ou de petits (ou grands) bonheurs quotidiens, avouez qu’il y a tout de même de quoi se poser des questions… Et puis il y a ceux (le plus souvent celles) pour qui vous avez le sentiment d’avoir tout fait (dépanner financièrement, écouter, confier du travail pour aider, présenter des relations…) qui jouent les morts : plus de nouvelles, plus de réponses à vos messages… Vous savez que quelque chose dans votre comportement ou dans vos dires les a fâchés mais quoi ? « Ne parle plus de politique à table, Céline ! » conseille mon mari, persuadé que mes idées sont celles d’une petite minorité alors qu’il n’en est rien… Donc je ne parle plus de politique, je ne livre plus non plus mon opinion sur la fonction publique de notre pays… No comment…

Bien entendu, avec mon mari, nous avons tenté d’expliquer la « fuite » de certains de nos amis avec qui les relations étaient au beau fixe… Il y a le fait que nous ayons déménagé à la campagne (les gens n’ont pas envie de parcourir 200 km aller-retour pour venir nous voir dans un bled paumé dans les champs de betteraves…) mais il y a aussi plus que cela…

  1. Il y a les amis pour qui votre bonheur (mariage, naissance) est presque tabou. Comme ils sont célibataires ou même célibattants, il faut éviter d’en parler. Il y a ceux qui ne sont pas arrivés à avoir d’enfants malgré tous les efforts et là on attend la même chose de nous : il faudrait presque qu’on s’excuse de donner la vie, d’avoir des bébés… Ces gens-là, si vous ne ménagez pas leur sensibilité disparaissent avec rancœur de votre champ de vision. Pardon de vivre! Excusez-nous encore d’exister (ou d’exister encore)! La question qui m’interpelle c’est pourquoi alors continuent-ils de prendre des nouvelles via ce blog ? Mystère et boule de gomme… J’ai bien ma petite idée… Mais il y a quand même beaucoup de points de suspension dans cet article !
  2. Il y a ceux qui n’acceptent pas la petite part de « vie publique » que vous pouvez partager dans votre métier ou vos activités. A chaque télé, à chaque passage radio, chaque parution magazine des amis disparaissent. Comme si – quelque part – le bonheur des uns (aussi infime fut-il) faisait le malheur des autres. Dans la vie chacun a sa part de bonheur et de malheur. Les petites réussites des uns n’enlèvent rien aux autres… Le plus triste selon moi c’est quand même les amis psychologues de profession s’y mettent, là on se dit que quelque chose ne tourne pas rond…
  3. Il y a ceux avec qui il fallait concilier en permanence et mâcher, peser ses mots dès qu’il s’agissait de parler de nos projets, ceux-là c’est plutôt nous qui les évitons désormais. Nous ne sommes ni des snobs, ni des gens complexes. On aime la simplicité et pouvoir s’exprimer sans avoir peur de provoquer la blessure égotique chez l’autre. Les pincettes en permanence ce n’est pas trop notre truc. Un peu de naturel voilà ce qui nous branche…

La grande question découlant de mes constatations est : Pourquoi ? Pourquoi continuer de se tuyauter sur notre vie alors qu’ils ont décidé, pour la plupart, de ne plus en faire partie ? La question alimente les repas entre amis (ceux qui restent, les amis d’enfance, les gens simples) et taraude les esprits. Par curiosité ? Par jalousie ? Pour « voir » si le Bonheur est toujours présent dans notre maison ? Pour guetter un signe de déclin de notre amour ou une faille dans notre mode de vie ? Pour voir si, après 24 ans dans ce milieu, je vais -enfin- lâcher cette vie d’artiste, vie de bohème qui les agacent tant ? Pas de parano ! Chacun sa vie. Moins j’y pense et plus je me sens libre ! Après tout avoir des followers et des suiveurs dans le virtuel, c’est une continuité de l’intérêt qu’on nous a porté à une époque. Je préfère être suivie que suiveuse… Tout est question de Point de vue dans la vie… Chacun doit trouver sa place. Il n’y a pas que des leaders et des défricheurs. Il faut des suiveurs de pistes, des remonteurs de « Traces de toi » ou de traces des autres, des traceurs en somme. Ainsi va le monde et ce n’est pas prêt de changer !

Rendez-vous sur Hellocoton !