elite|fitrea : Ur, un EP à découvrir de toute urgence !

Ur : le premier EP rock-electro-indus d’ elite|fitrea

La musique électronique est une vaste forêt sonore s’adaptant à l’Air du temps mais conservant toujours les racines industrielles qui la composent, ses nappes brumeuses indescriptibles, sa noirceur maladive quand tombent les soirs… Messages subliminaux et cris désespérés de l’âme y résonnent de façon organique lorsque son créateur, le musicien en mal de Paradis perdu, s’y exprime de manière texturée, tantôt lancinante, tantôt galopante. Le tempo semble s’y perdre lui-même, à bout de souffle, oppressé mais peu pressé finalement d’arriver au bout de sa quête sonore… Tel est le premier EP rock-electro-indus d’ elite|fitrea .

Ur
J’aime beaucoup la pochette minimaliste de Ur. Elle me fait penser à un artwork de Joy Division, non ?

Outrancièrement actuel

elite|fitrea nous vient de Denver, Colorado, l’irrésistible et fameuse « Mile-High City » dont les buildings argentés et rosés aiment à s’élever devant d’enneigées montagnes, majestueuses, imposantes… C’est dans la ville de la Ruée vers l’or qu’elite|fitrea a décidé d’exhumer de l’or noir, de l’or sonore comme les pépites qu’on pourrait découvrir en creusant le caveau destiné à ensevelir le rock indus version années 80’s … Car elite|fitrea, s’il inspire bien de groupes grandiloquents comme NIN résonne outrancièrement actuel… Le chanteur, rebelle à ses heures, affiche de faux airs de Severus Rogue, professeur à l’école de magie d’Harry Potter (voir photos). Et c’est justement une alchimie très particulière qu’il nous sert dans son premier EP produit : Ur.

Ministry, Neubauten, what else ?

Ur contient 3 titres qui s’enchainent à merveille, non sans évoquer des groupes comme Ministry ou plus authentique et brut encore : Einstürzende Neubauten, cette formation originale et entière, qui nous fit danser pendant notre jeunesse, quelque part, du côté des Caves Lechapelais à Paris, et du Batcave à London, au tout début des années 80, souvenez vous… Je me perds dans les souvenirs et j’en dis trop peut-être… Mon intention n’est pourtant pas de vous « spoiler » sur ces 3 instrumentaux détonants mais plutôt de vous faire découvrir, aimer puis carrément adorer leurs textures industrielles, post rock, composées au synthé analogique comme autant de canevas sonores… Une odyssée à lui tout seul cet elite|fitrea de Denver !

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Cette force « noisy »

Le musicien travaille sur son « debut album », comprenez par-là son tout premier album, cette aventure artistique, cette carte de visite mélodique indispensable à celui qui veut réussir ici ou ailleurs, qu’il ne s’agit ni de bâcler, ni de surfaire… Parions qu’il élèvera le niveau avec brio et relèvera le challenge avec la classe qu’on lui confère dès qu’ on tente de mieux cerner le personnage… Donc le jeune homme se lance dans les compos synthé il y a quelques années avec une approche très originale de la musique électronique. L’Essentiel et la Noirceur, l’Indus et la Force Noisy… Mais que m’arrive-t-il ? Je me perds, ce matin, dans de vastes considérations musicales, à la fois insaisissables et pourtant bien présentes, en ayant bien du mal à me détacher du côté finalement très poétique de Ur… J’y reviens. Chroniquons les 3 morceaux. C’est parti.

1. Subterrane

elite|fitrea n’est pas de Denver pour rien. Ici il évoque, probablement, la recherche de richesses sous terre car c’est bien Souterrain que signifie Subterrane. Le morceau de 03;37 nous plonge d’emblée dans une ambiance quasi « gothique industrielle » massivement sombre. Elle m’évoquerait, dans un film, l’arrivée du héros dans un univers parallèle, ses mouvements suspendus dans le Temps, flirtant délicieusement entre ténèbres et chaos. Cette mélodie lancinante m’évoque également l’espace, l’attraction et son silence. Mentale flottaison parmi les nappes de synthé et des battements de cœur, fugaces, fragiles, donnant le ton. Vibrations monocordes, lourdes et basses, des sons lunaire et le bourdonnement frénétique de frelons métalliques et mécaniques. Une naissance enfin, celle de elite|fitrea, peut-être, en tant qu’artiste complet (le jeune homme gère tous les aspects de son art seul), une danse avec la noirceur, n’oserais-je dire la mort, puis 30 secondes avant la fin, l’extinction des feux vrombissante et crépitante comme un moteur qu’on coupe, et le retour de la sérénité enfin. Le bout du tunnel ? Euh, pardon, du souterrain !

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2. The Work

Ce morceau, le plus long de l’EP Ur, qui en compte 3, avec ses 05:06 mn est beaucoup plus rythmé et décadent que le précédent. On est vraiment dans du NIN ici, selon moi. L’influence de Trent Reznor y est flagrante. Mais j’aime la façon dont elite|fitrea s’est approprié des sonorités connues. Des percus industrielles, des sons mécaniques encore, des drums endiablés et toujours cette couleur Noire, très rock indus. Après une minute tout s’emballe et c’est au tour des guitares de délivrer leurs riffs électriques à la chaine. Des nappes sombres non sans évoquer chez moi le film « The Crow » pour lequel le groupe NIN avait d’ailleurs été réquisitionné avec talent. C’est un compliment, cher elite|fitrea,  car pour moi la B.O du film qui vu périr le beau Brandon Lee est une référence. Je l’ai achetée à la sortie du film en France, en 1994 et il compte aujourd’hui parmi mes albums préférés avec ceux de DM et les premiers Einstürzende Neubauten. Bref tout ça évoque chez moi la sombre prédiction du vol lourd et décisif d’un corbeau dont la noirceur n’a d’égal que l’obsession de se poser quelque part et de jeter un sort à quelqu’un, et en plus de tout ça: le vent, les caves, le vol des hélicos au dessus de quartiers chauds comme dans une B.D de James O’Barr… C’est ma vision de ce morceau qui est vraiment (d’où son titre) l’Oeuvre incontournable de cet EP ultra prometteur.

Cette Différence supérieure …

A bien y réfléchir et plus la lecture avance, ce que j’aime chez elite|fitrea c’est probablement ce mélange éclectique Rock indus – Rock alternatif – Synthpop – Electro, le tout composant une musique Underground très prenante et planante dans son côté obscur. Et cette toujours force « noisy » et accrocheuse qui réveille immédiatement chez quiconque s’y plonge avec dévotion le spectre multi-nuances des névroses personnelles… La musique ne peut pas toujours se révéler être une jolie petite aventure commerciale et saine… C’est pour ça qu’on fait des artistes indies ! Et si comme moi vous détestez ce qui passe sur nos ondes frenchy, vous adorerez alors probablement cette Différence supérieure qu’incarnent elite|fitrea et sa musique.

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3. Pool

Nous voici plongés au cœur de 04:46 mn d’une noirceur toute minimaliste à la Ministry t aux digressions electros on ne peut plus « neubautenesques ». Bourrasques métalliques, attaques sonores sur fond de down tempo organique. Ce réservoir ou cette étendue d’eau, comme vous le voulez, est le Paradis perdu que j’évoquais au début de ma chronique. C’est le titre de la Croissance de l’artiste qui peaufine son œuvre. Beaucoup de tensions et de noirceur là-encore…

Une full-artistry

Ces trois titres apocalyptiques figurent une réelle performance artistique. elite|fitrea c’est la full-artistry qu’on attendait de voir émerger depuis des lustres dans la musique electro de Denver. Peut-être vous direz-vous : « Mais quel cinglé peut accoucher d’une oeuvre aussi auto-destructive » ? Les sons malaxés et coulés dans l’or noir de cet elite|fitrea repoussent les limites du rock electro indus et ce fut un plaisir pour moi d’écouter en boucle ce premier EP, Ur. Bref j’y vois un potentiel énorme, notamment pour de la musique de film comme Batman ou The Crow. Ur s’impose comme un choix artistique avant tout. L’écouterez-vous ? La décision est Vôtre !

Le site de elite|fitrea

Son facebook

Sa musique

Sa chaine Youtube

 

 

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