Et enterrer son innocence… Plusieurs fois!

Article Innocence leblogdeceline.com

Le désert sans le calme

J’ai passé mon week-end sur un Salon du livre à moitié désert. Si j’avais été plus positive ce matin, j’aurais écrit « à moitié plein », bien-sûr. Tout dépend, finalement, de quel côté du stand on se trouve! 48 heures à traquer le chaland pour vendre son dernier bouquin c’est parfois long! Et en matière de Salon du livre, on ne peut jamais savoir à l’avance si le lieu sera fréquenté ou ressemblera à la Road 66 un dimanche au petit matin. Des salons organisés en rase campagne peuvent devenir de vrais succès commerciaux pour les organisateurs comme pour les auteurs mais on peut aussi faire « chou blanc » dans des lieux beaucoup plus prestigieux…

Canada ! Un road-trip sans voiture …

Donc ce Salon à moitié plein m’a donné l’occasion de lire (en entier!) le fameux « Canada » de Richard Ford. Un septième roman fort bien ciselé totalement construit sur le thème de l’enterrement de l’innocence, plusieurs fois dans une même vie. Le livre évoque la sortie de route d’un couple d’américains moyens que rien ne prédisposait, à priori, au hold up. Le tout narré par un pré-adolescent, leur fils, qui voit son petit monde, déjà pas très gai, basculer du jour au lendemain, dès l’incarcération de ses parents. Comme toujours, Richard Ford nous fait voyager, nous entrainant dans les grands espaces, l’esprit « road trip » sans la voiture. Revenons à nos moutons. Ces dernières 48 heures, assise à un stand, derrière mes livres et mes disques, m’ont donc offert le temps de réfléchir à son sujet de prédilection: l’enterrement de l’innocence. Je n’ai écrit « la perte », remarquez-vous ?

L’enterrement de l’innocence

Il y a une différence notable entre la perte de l’innocence et l’enterrement qui ne peut se dérouler qu’après cette première étape. Perdre son innocence, on sait tous – à peu près – de quoi il s’agit, mais enterrer son innocence, mes amis… Voici un vrai sujet de philo (dans lequel je n’entrerai pas, mes neurones étant beaucoup trop engourdis le matin!)

Enterrer son innocence, c’est démontrer pleinement son désenchantement tout en ritualisant cet acte pour bien montrer qu’on est pas dupe ! Et vous, si vous pouviez « enterrer votre innocence » encore une fois, comment feriez-vous ?

Pour ma part, je tenterais de faire les choses EN GRAND. Parce que, réjouissez-vous, tant qu’il nous reste un brin d’innocence, il est encore possible de lui concocter un somptueux enterrement!

Enterrer son innocence avec …

Une petite phrase :

A force de se vanter de ses exploits, de sa vie, de ses somptueuses créations, Ducon commence sérieusement à me les briser… C’est vrai, au début j’ai écouté ses histoires de création audiovisuelle numérique dont il était soi-disant le spécialiste sur la région (avant de m’apercevoir que son vrai métier était conducteur de petits trains, fonctionnaire) avec intérêt. Puis j’ai réalisé que tout cela n’était que du flan ! Manque de bol j’ai l’estomac fragile et je considère que le lait de vache c’est pour les veaux. Désormais je ponctue tous ses grands discours sur Facebook (et ailleurs) par une phrase grandiose du genre « C’est décidément le meilleur de nous tous! » ou encore « Au meilleur d’entre nous »… ça sonne un peu épitaphe mortuaire, vous ne trouvez-pas ? Et voilà Ducon et ses tirades grandiloquentes enterré en même temps que mon innocence. Voici un enterrement qui fait du bien à l’âme !

Un silence sépulcral

Vous avez mis 20 ans à vous rendre compte que votre meilleure amie était une parfaite connasse ? Pas de souci! Une fois de plus vous avez enterré une part de votre innocence, rien de plus… Discuter avec ladite personne comme elle l’espérerait (histoire de vous faire gober une énième fois « qu’il y a méprise », qu’elle n’est pas aussi conne qu’elle en à l’air) serait une perte de temps. En vous terrant dans le silence, vous réaliserez un bel enterrement d’innocence et, croyez-moi, vous bénéficierai, en outre, de vraies vacances pour vos oreilles, ce qui est un luxe par les temps qui courent !

La déchéance du côté du Camden ?

Vous pensiez avoir trouver l’homme (ou la femme) de votre vie mais vous vous rendez compte qu’à ce petit jeu-là vous êtes encore la dernière roue du carrosse ? Je vous conseille d’aller enterrer l’innocence qu’il vous reste – peut-être – du côté de Camden, London. Une bonne nuit d’ivresse, une soirée punk, goth – au choix – un peu pimentée, peut aussi constituer un bel enterrement. Accessoirement, choisissez un vendredi soir. Le samedi matin, à la sortie de club, les boutiques sont ouvertes. L’innocence peut aussi s’enterrer (plusieurs fois) avec une carte bleue.

Vous voyez, tout ne va pas si mal. Alors si on vous prend pour une pomme ce jour, pensez à comment vous allez enterrer les brins d’innocence qu’il vous reste ! La question est cruciale, croyez-moi…

Rendez-vous sur Hellocoton !

Be the first to comment

Laissez un commentaire