Être auteur Amazon Kindle, concrètement ça change quoi ?

Devenir auteur Âmazon Kindle

Un premier livre édité

Mon tout premier livre a été édité courant 2000. Il s’agissait d’une nouvelle d’une cinquantaine de pages. J’étais alors âgée de 25 ans et je venais, après un séjour d’un an dans le Sud-Ouest (qui s’est avéré catastrophique pour mon inspiration et sur tous les plans), de réaménager à Paris. Je venais également de monter ma première boite de publicité non loin de la Place de la Nation, après l’obtention (quelques années plus tôt) d’un BTS Communication et la validation d’un cursus à l’ESDI. Bien entendue, j’étais enchantée qu’une éditrice digne de ce nom se penche sur mon travail « littéraire » mais j’ai bien vite déchanté…

Des royalties insignifiantes…

La vente d’un livre me rapportait très peu (à peine 1 euro) et il aurait fallu que je passe mon temps en « salons du livre » pour effectuer une promo quasi inexistante de la part de l’éditeur… J’ai quand même récidivé – ne pouvant m’empêcher d’écrire – avec un second livre. Mais je me suis heurtée, pour la seconde fois donc, à cette dure réalité : seuls les intermédiaires (éditeurs, imprimeurs, graphistes, organisateurs de salons…) tiraient leur épingle du jeu. L’auteur, celui qui avait tout crée, en était rendu à vivre dans la misère noire et même à demeurer un pauvre « auteur du dimanche ». Pas très valorisant… J’en tirais une maxime ou une nouvelle règle morale (appelez ça comme vous voudrez) :

« Ne pas gagner sa vie avec un livre est une chose mais le fait que tout le monde SAUF VOUS arriviez à gratter quelques euros sur votre propre travail en est une autre ! »

J’entreprenais donc le long et difficile chemin vers « l’indépendance littéraire »… En y croyant assez peu, je dois l’admettre…

L’édition à compte d’auteur

Je me tournais donc vers l’édition à compte d’auteur. C’est lorsque j’ai rencontré mon mari, des années plus tard, alors que j’étais journaliste et que je signais une dizaine de papiers par semaine pour différents magazines, que l’envie d’écrire mes propres livres m’a reprise…
Nous avons montées les Editions Escale Spirituelle dans le but de m’éditer et d’éditer d’autres auteurs. Mais en tant que petit éditeur indépendant, les mêmes soucis revinrent : il fallait tout prendre à notre charge (dont la publicité, la boutique, la vitrine, le coût des salons…) et encore une fois, seuls les intermédiaires se gavaient au passage.

Attention au pourcentage laissé à l’auteur par certaines librairies…

J’ai même été sollicitée pour la diffusion de mon livre Le Symbole de l’Empire par une librairie parisienne bien connue se disant « chrétienne » absolument non complexée de me demander de lui vendre mon livre « à perte » car 0,30 euros de « rétribution » (pour un livre se vendant 10 euros) était encore trop payer pour elle… No comment !

Une boutique en ligne pour vendre ses livres ?

Mon mari ayant jeté l’éponge de la petite maison d’édition, je l’ai reprise moi-même en free-lance (elle est probablement vouée à disparaître avec le temps) dans le seul but de diffuser mes propres livres et disques. La boutique en ligne m’a permis de dégager enfin un revenu minimum par livre (entre 5 et 30 euros nets pour moi, selon le prix de vente). Mais lorsqu’on fait les comptes en fin d’année, c’est toujours mitigé. Les ventes ne sont jamais assez nombreuses et les périodes où elles le sont, j’ai le sentiment de me transformer en « coliseuse », courant de la Poste à la maison et de la maison à la Poste.
Pour pouvoir exposer mes livres sur Amazon, je dois payer un intermédiaire et ce n’est pas donné. A l’heure actuelle, LuLu propose ce service gratuitement à ses auteurs… Bon à savoir.
Je suis pourtant une très bonne vendeuse, en face à face, mais pour cela il me faut fréquenter de nombreux salons du livre (dont certains attirent trop peu de visiteurs pour le nombre d’auteurs !) et convaincre, ce qui se fait facilement les jours de pluie, plus difficilement les jours de grand beau temps où les visiteurs ont hâte de flâner… mais plutôt dehors !

Et les livres techniques dans tout ça ?

J’ai mis du temps à passer au format Kindle et mes livres techniques (techniques de danse et d’expression corporelle) n’y passeront jamais car le prix du Kindle étant plafonné pour les petits auteurs, j’y perdrais trop. De plus, selon moi, un manuel se tient à la main, avec un stylo pour prendre des notes… Le Kindle ne se prête pas aux salles de danse !

Le « How to do ? » parfait pour le format Kindle !

Par contre, pour tous mes derniers livres « How to do ? » (on parle de l’un d’entre eux ICI), j’ai définitivement adopté le format d’édition Kindle gratuit qui rapporte 70% de marge (attention, votre banque se sucrera quand même bien au passage tant que les virements Amazon Kindle ne seront pas effectués DEPUIS LA France !).

Ce qu’ Amazon Kindle a changé dans ma vie d’auteur-journaliste :

-Déjà j’ai multiplié mes ventes mensuelles de livres (tous titres confondus) par 8, ce n’est pas le nirvana mais cela fait du bien de vendre tous les jours ou presque. C’est quand même le propre de l’auteur !
-Ensuite je ne dépense plus un seul euro en impression de livres et frais de port.
-Je suis prélevée à la source comme cela va se faire de plus en plus avec les nouvelles économies du web. Moins de comptabilité pour moi donc.
-Il y a une réelle interaction avec mes lecteurs et lectrices. Du coup je favorise le ton « bonne copine » que j’affectionne partout ailleurs (magazines et blogs). Cela m’a permis de gagner en personnalité, de capitaliser sur mon image de fille qui travaille et veut le meilleur sans trop « se prendre la tête ». On aime ou on n’aime pas mais mes lecteurs sont fidélisés. Ils me demandent quand sortira le prochain kindle.
-J’ai la satisfaction de vendre mes livres jour et nuit. Plus j’ai de titres et plus je vends.
-Le kindle favorise le format court. C’est plutôt bien pour moi qui avait toujours tendance à écrire des pavés. J’affectionne désormais davantage le précis-concis et cela m’aide aussi à me démarquer dans mon style littéraire.
-J’ai enfin le sentiment que mes livres me rapportent même si le prix d’un kindle est bas, je gagne au minimum 5 euros par livre.

Ce qui me désole dans le système :

-Certains lecteurs lisent le livre et se le font rembourser et là ce n’est pas du tout fairplay pour l’auteur qui gagne zéro… Après avoir consulté des auteurs de différents pays il semblerait que le phénomène soit surtout… français !
-Les chèques tout comme les transferts proviennent toujours de l’étranger donc les frais sont conséquents (ex : sur un chèque de 100 euros, la banque en pique 20 ou plus au passage ! Effarant ! Je suis passée au virement mais là encore les frais de traitement sont conséquents).
-La concurrence est rude : beaucoup vendent leur kindle quelques centimes seulement mais parfois la qualité n’est pas au rendez-vous, ce qui contribue à dévaluer l’ensemble du système et à le décrédibiliser… Avec le temps cela peut devenir un réel problème pour les auteurs sérieux.
-Il n’y a aucune différence entre les auteurs amateurs, déjà salariés par ailleurs, et ceux qui ne vivent (c’est mon cas) que de leur plume. Dommage selon moi… Seule la bio de l’auteur peut faire la différence.

L’avenir ?

Personnellement je suis donc conquise à 70 % par le système qui me donne la satisfaction de me passer d’un éditeur et de vendre de plus en plus (lorsqu’on ajoute des titres régulièrement – attention il faut du qualitatif et non du nombre ! – les ventes sont exponentielles).

En conclusion :

Lorsqu’on bénéficie déjà d’une bonne visibilité (journaliste, blogger…) le kindle est un support idéal car gratuit de A à Z. On ne dépense rien si on ne gagne rien. On est taxé quand on gagne. Cela parait assez logique. Il faut tout de même réaliser une veille car le piratage existe bel et bien. Et pour l’auteur il peut s’avérer dangereux, à force. Là-dessus il ne faut pas trop compter sur l’intervention d’Amazon…

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