J’ai prié pour que Papa reste à la maison !

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« Alors j’ai prié pour que mon mari reste à la maison, avec bébé et moi, peu importe la raison de cette présence exceptionnelle… »

Pour mon premier bébé, Noé, né il y a 10 ans, j’ai passé pas mal de temps toute seule. Bien-sûr, je recevais l’aide du papa lorsqu’il ne travaillait pas, et de mes parents qui, alors, ne vivaient pas très loin. J’avais posé une année entière de congés parental et raccroché mon tablier de journaliste pour quelques temps. J’ai donc passé les premiers mois de Noé seule avec lui dans l’appartement en révisant mes épreuves de théologie car j’étais encore étudiante à distance (une reprise d’études sur le tard). J’ai passé de bons moments toute seule avec lui mais aussi des moments de peur, de crainte et carrément d’angoisse. Lorsque bébé était malade ou fiévreux par exemple je n’en menais pas large. Bref, je me souviens de cette époque comme d’une ère mitigée, entre la joie et les larmes, entre la félicité et la crainte, la responsabilité et le renoncement parfois (quand j’appelais mes parents pour qu’ils viennent s’occuper de Noé qui n’a fait ses nuits qu’à un et que j’avais décidément trop besoin de dormir!)

« Dieu m’en devait Une ! »

Pour cette nouvelle naissance je me préparais donc à rester de nouveau seule à la maison avec bébé et mon aîné. Lorsqu’on a déjà élevé un enfant, normalement les choses sont plus simples, moins fatigantes peut-être. On connait mieux les bébés, leur petit langage, leurs bruits nocturnes dignes de ceux des petits ours, leurs maux (les coliques, la recherche de sommeil…) On sait mieux comment allaiter, se reposer, « durer » sur le temps sans s’effondrer épuisée… Et puis finalement, trop fatiguée quand même j’ai prié ! Je me suis laissée aller à la prière égotique, celle qu’on formule juste pour soi au détriment des autres. L’homme est imparfait, il faut l’accepter alors j’ai prié pour que mon mari reste à la maison, avec bébé et moi, peu importe la raison de cette présence exceptionnelle. Parce que je me sentais trop crevée et parce que, une fois de temps en temps, Dieu peut bien m’exaucer… Alors bien-sûr j’avais peu de chance d’être exaucée c’est vrai. Surtout avec le boulot et d’autant plus qu’il avait déjà posé un bon nombre de jours de congés pour ma grossesse pathologique. J’ai prié aussi parce que je trouve que l’année précédente a été chargée en pertes, en deuils et en émotions négatives. Alors Dieu m’en devait Une !

Cela faisait donc deux jours à peine que je gérais bébé toute seule, un peu comme un zombie à cause des nuits blanches je dois l’avouer, quand j’ai entendu du bruit et une voix, en bas, dans le salon. Ai-je rêvé ? C’était bien le bruit de la porte d’entrée ! Et puis mon mari qui monte les escaliers à 15h30 de l’après-midi. Pour le bourreau de travail qu’il est cela est loin d’être banal. D’autant plus que même malade avec la grippe et 40 de fièvre Monsieur va toujours travailler.

« Le sourire d’Ashley »

« Je me suis encore bloqué le dos! On m’a renvoyé chez moi ! » se plaint-il. Le voici donc à la maison pour 3 semaines. Même si les possibilités sont limitées quand on a mal au dos, je suis heureuse d’avoir une présence. Monsieur maudit le sort jusqu’à ce que je lui dise que sa santé dépend de son repos et que maintenant qu’il est papa il a tout intérêt à la ménager ! Mais pour lui rater le travail c’est l’enfer sur terre… Décidément nous n’avons pas la même conception du labeur. Chez lui plus on souffre plus on est loyal, chez moi… dur à dire je suis à mon compte depuis 1999 malgré quelques brefs passages salariés (non mémorables moments!) Après quelques jours à râler sur toute cette « productivité perdue », Papa a ouvert les yeux. Il a regardé Ashley bien en face et Ashley malgré son petit âge lui a fait un grand sourire aux anges. « Et voilà ! Papa a mal au dos et reste avec toi et ta maman. Hop coincé ici le Papa! » Et Ashley de sourire de nouveau…

Après plusieurs jours mouvementés entre le passage du Doc pour lui et pour moi (la fameuse mastite) et des réveils nocturnes on ne peut plus délirants du genre :

Bébé : Ooouuiinn !

Papa : Le bébé, il est réveillé …

Moi : Toi tu, euh, change la couche et moi euh…

Papa : Quoi ?

Moi (ouvrant les yeux) : Bref, tu fais le chien !

Papa : Hein ? T’as pété un câble ?

Moi : Euh, je voulais dire tu changes la couche et je donne le sein…

Bah oui parce que chez nous, couche + sein = chien…

nous avons enfin pu nous retrouver tous les deux devant un épisode de la nouvelle saison de Girls, celui où Shoshanna a les cheveux rose et s’envoie un jeune japonais après s’être déguisée en infirmière Fetish… Et là Monsieur, plus détendu, a avoué : « Je suis finalement heureux de rester avec vous et de profiter des premières semaines d’Ashley. C’était inattendu et je râlais mais finalement je commence à apprécier! ». Merci chère Shoshanna !

Mais quelques jours plus tard, coup de théâtre ! Papa passe devant la médecine du travail avec tous ses scanners et radios à la main et le verdict tombe : INAPTE ! Papa est déclaré inapte à son poste à cause du poids de charge que sa pathologie du dos ne saurait tolérer.

Nouvel effondrement. Ma prière y est-elle pour quelque chose ? J’avais demandé une présence, pas moins de sous ! Parce que le duo artiste+chômeur il y a plus bandant pour le banquier…

Nouvelle nuit blanche. On se réveille en Co-dodo, Ashley entre nous deux dans son coussin cale-bébé. On ouvre les yeux. « Oh qu’il est beau, c’est un ange ! Je suis heureux de faire une grasse mat’ avec bébé! » dit Papa.

Un nouveau départ, qui sait ?

Donc voilà, Papa ne reprendra pas son poste initial. Il attend qu’on lui en propose un autre. Et si ça ne lui convient pas nous voguerons tous les 4 vers de nouveaux horizons (création d’entreprise ensemble ou validation d’un module pour me permettre d’enseigner dans ma spécialité, on ne sait pas. C’est la dolce vita ! ^^)

Ce qui compte à l’heure actuelle c’est Bébé et notre petite famille. Malgré la fatigue on est heureux et ensemble, voilà le principal.

Quand à moi, je peux (un peu) me reposer sur Papa, après tout j’ai été plus qu’exaucée dans ma demande. Ce qui me fait dire que c’est (peut-être) le moment de terminer mes études de Théo. A voir. Les projets, c’est cela qui soude le couple et assure la sacro-sainte cohésion familiale … A suivre …

 

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