La courgette de Proust

Neuf mois que bébé Ashley est né et quinze mois que je n’avais pas eu l’occasion de me retrouver seule avec mon aîné de 11 ans, comme nous avions l’habitude de le faire avant le grand chambardement familial ! Noé me réclamait depuis plusieurs mois une sortie tous les deux mais comme j’allaite bébé et qu’il ne prend pas de lait en poudre, c’est un peu compliqué pour moi de m’absenter…

C’était sans compter la diffusion au ciné local de « Ma vie de Courgette » qui ne dure qu’une heure et quelques minutes. Nous avons donc laissé bébé à son papa pour une courte sortie mère-fils.

En ce mercredi, nous sommes donc partis sous le soleil (rare ici en Champagne à cette époque) pour voir ce chef d’œuvre pour enfants (et adultes) vanté, entre autre, par Télérama.

Malgré l’histoire un peu triste (un petit garçon tue sa maman alcoolique par accident et se retrouve à l’orphelinat…), nous avons passé un excellent moment devant des images évoquant l’enfance comme tous nous avons pu la connaître avec ses joies, ses peines, ses moments de blues, ses êtres étranges à mi-chemin entre anges et démons…

A la moitié du film nos drôles de petits personnages cernés aux allures très « new wave » de Céline Sciamma font une boum et là … la madeleine, non pardon, la courgette de Proust !

Quelques notes résonnent, pendant que – sur grand écran – les petits quasi « pogotent » (du mot pogo, je précise, qui le connais encore ?) dans un chalet en pleine montagne… Vives réminiscences d’une époque où moi aussi je dansais le samedi soir du côté des Caves Lechapelais ou encore du club Dunois… Et cette musique entêtante, ancienne et paraissant toute neuve à la fois… Hum mais c’est quoi cette musique ? Je raconte à mon fils : « Oh là là, on dansait là-dessus dans les soirées goths mais je ne me rappelle plus du nom du groupe ! Punaise, comment j’ai pu oublier ? » Noé est dubitatif « T’es gonflée toi qui me dis qu’il ne faudra pas que je sorte dans des soirées bizarres! » s’exclame-t-il… Faut-il tout dire à ses enfants ? Vaste sujet… Un couplet plus tard je m’écris : « Je sais, c’est … Attends !  » Je me remémore les paroles ça fait quelque chose comme : « Ich möchte ein Eisbär sein im kalten… Polar dann müßte ich nicht mehr schrei’n alles wär’ so klar… » C’est… Il me faut encore cinq bonnes minutes et que la fête à l’écran soit loin derrière pour m’écrier : « Grauzone, Eisbaer ! »

Un peu plus tard dans le film, c’est Béru qui résonne…

Bref, un long métrage qui nous a beaucoup émus et qui m’a permis d’expérimenter un véritable effet « madeleine de Proust » sonore lors de cette sortie mère-fils… Merci, Courgette !

Pour écouter le « chef d’oeuvre » retrouvé de Grauzone, c’est ci-dessous ^^

Des années après, j’aimerais toujours être comme un « Ours polaire dans le froid arctique » :)

 

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