Le récit flippant de mes pires vacances …

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 Tout commence par un appartement vide …

Il y a des années que je songeais à raconter ici mes pires vacances. J’ai décidé de faire de ce blog un lieu à articles plus sincères et plus profonds. C’est pourquoi je me dois de vous raconter cette « Slice of life » particulièrement juicy (entendez par là que si vous voulez connaître quelques pans de ma vie d’avant, avant d’être mariée à l’homme de ma vie et de vivre en famille dans notre petite maison) vous serez probablement servis. J’entends déjà les commentaires : « Mais c’était quand ça ? Mais c’était avec qui etc ? etc. » Aux mauvaises langues car il y en a, j’ai envie de dire : « Lisez mon blog régulièrement et octroyez-moi des visites, vous finirez par savoir tout ce que vous voulez »… Tout débute peu de temps avant la séparation d’avec le père de mon fils. Je me retrouve seule dans l’appartement, devenu par la force des choses plus « grand » vu que mon ex a dégagé le plancher et que Noé, alors 2 ans, est en vacances chez ses grands-parents. Pour des raisons financières, je viens de reprendre mon job régulier (animatrice d’ateliers artistiques en hôpital) le jour et à côté je continue d’être journaliste (à mes pauses et la nuit) pour un groupe de presse suisse. Ces deux emplois je suis certaine de pouvoir les tenir. J’envisage même un peu de « lâcher du leste » à l’hôpital et je positive. Deux salaires c’est plutôt bien avec la rentrée scolaire qui arrive dans deux mois. Je fréquente vaguement un parisien tout à fait bo-bo avec qui j’ai un seul point commun : nous évoluons tous deux dans le milieu artistique, les affinités s’arrêtent là. Pour moi il est beaucoup trop superficiel et attaché aux possessions et aux marques surtout. Je suis une spirituelle qui vient de terminer sa théologie et qui se nourrit de bouquins de développement personnel (Dyer, Norman Peal, Hays…), non les pulls Zadig ne me fascinent pas, je ne raffole pas non plus des glaces de « chez Berthillon »…

Je pense donc je suis …

Rapidement les choses s’emballent dans ma vie : niveau rédaction je suis démarchée par plusieurs marques et magazines et me voici d’un seul coup en « burn out » avec ce garçon dans ma vie qui s’avère au final plus pesant qu’autre chose. Il faut dire que je n’aime pas la solitude, je me bats depuis l’adolescence contre une espèce de crainte de l’abandon et du vide que je comble par la sur-activité. Oui je fais tout : j’écris, je danse, je chante, je dessine et je vends mes » oeuvres »… Le soir je cogite à cent à l’heure, la nuit je pense (donc je suis!)  A l’hôpital, après deux ans de journalisme et de « course aux scoops », je me rends vite compte que j’ai changé. Je ne supporte plus ce que je supportais hier à savoir les gens qui s’éteignent à petit feu en service de fin de vie et l’odeur de mort qui règne en service de soins palliatifs. Comme je suis seule à la maison, je sors. Je sors le soir avec des copains, des copines. Je me débrouille pour ne pas rentrer chez moi et éviter l’appartement très chaud l’été et quasi vide. Je dors sur Paris et j’apprécie énormément le fait de n’avoir qu’à sauter directo dans un métro pour aller au boulot plutôt que de marcher et d’effectuer plusieurs changements.

Mais malgré tout mon positivisme et mon mini-ordi avec lequel je rédige mes articles le midi et à mes pauses pour « gagner du temps » et tenir le rythme de publication des magazines pour lesquels je travaille, je finis par fatiguer. Mi-juillet c’est déjà le burn-out. Finalement je ne suis pas une superwoman et tenir deux jobs à plein temps devient infernal. Du jour au lendemain je quitte l’hôpital en proie à des crises d’angoisse de plus en plus prenantes, englobantes…

Le départ, comme un grand « ras-le-bol » …

C’est alors que je décide de partir en vacances « au loin ». Les vacances entre amis je sais que ça se termine souvent mal mais voilà que je tente le coup. Oui j’abandonne mon job à l’hosto mais en même temps mon carnet de commandes de rédaction est plein à craquer. J’investis même dans un nouvel ordi hors de prix, celui dont je rêvais (qui s’avèrera par la suite être une belle saloperie chinoise ! Souvent femme varie…) En moins de temps qu’il ne faut pour le dire me voici en Tunisie. Dès le départ les choses s’enveniment avec le garçon que je fréquente alors. Mais je ne suis pas attachée au passé, ce n’est pas de cette lamentable histoire dont je veux vous entretenir mais plutôt de l’accueil que j’ai « subi ». J’ai l’habitude de passer mes vacances en Grèce ou à Malte. Les pays méditerranéens ça me connait ! Je m’attendais donc à un doux farniente sur la plage, à des petits villages typiques à visiter. Nous sommes partis en Semi-inclusive pour 399 euros, une semaine avec le petit-déjeuner, l’hôtel, l’avion et les transferts. A ce prix-là il ne faut pas s’attendre à quelque chose de royal mais tout de même … Arrivée à l’hôtel « golf » le 5 étoiles ressemble plutôt à un bon vieux village de vacances des années 70 de chez nous. Il est situé super loin de la plage. Pour accéder au sable il faut marcher 30 minutes le long d’allées interminables en plein soleil. Pas un arbre pour se mettre à l’ombre.

La jeune russe et son maquereau …

D’après les taxis et autres chauffeurs de « touk touk » il n’y a pas de bus qui mène à la plage. « Le bus ? C’est fini ça ! Il existe plus ! » On se fait avoir une fois en payant un taxi hors de prix et désagréable avant de voir qu’il y a bien une ligne de bus… Niveau plage c’est très étrange. Toutes les parcelles sont réservées pour les touristes des hôtels et pour l’hôtel choisi, la parcelle est minuscule. Me voilà à moitié allongée sur la serviette d’une jeune russe qui se fait nourrir de petits morceaux de pizza par son mec qui ressemble à un « maque » …

Comme j’aime les petits villages typiques nous décidons de prendre le bus pour nous rendre dans un bourg adorable avec des petites mosquées blanches et des palmiers, du sable blanc. Mais à peine arrivés sur la plage nous sommes « repérés » par des mecs louches qui ensuite nous suivront dans tous nos déplacements. Pour déjeuner c’est très limite. Tout ce qu’on trouve est dégueux et hors de prix. Oui les gens d’ici « veulent » l’argent des touristes. Et ils le font savoir. Petit tour dans le village : nous sommes alpagués toutes les 5 minutes par des hommes qui veulent nous vendre des souvenirs et qui sont très insistants. Pourtant les paysages sont paradisiaques mais la mentalité prend vite le dessus et bientôt je suis vraiment agacée de ne pas avoir, encore une fois, choisi la Grèce pour mes vacances. Nous partons, harcelés par une horde de jeunes qui veulent nous vendre tout et n’importe quoi.

Et se faire traiter de pute sur un front de mer bondé …

J’en parle au gérant de l’hôtel : « Si tu n’aimes pas la mentalité ici, va plutôt à la grande ville. Là-bas c’est comme à Nice ou Cannes, tu ne seras pas embêtée par les hommes ». Le conseil ne tombe pas dans l’oreille d’une sourde. Mais à peine arrivée là-bas ça commence très mal. Je suis vêtue d’une tunique qui arrive à mi-cuisses et en dessous d’une jupe kaki style militaire qui m’arrive aux genoux. Je porte des tongs. Et tous les hommes qui fument sur le front de mer me dévisagent méchamment. Pire : un d’eux me traite de « pute » en français et tente de me cracher dessus. Après 5 minutes sur le sable, gênés, nous rebroussons chemin. Nous longeons la plage en marchant dans l’eau et là c’est pareil : des regards agressifs, des réflexions à tout va. Quel accueil !

Nous reprenons le bus. On donne un billet mais la monnaie ne nous est pas rendue. On la réclame donc  (l’équivalent de 5 euros tout de même ce n’est pas rien). Le chauffeur devient fou. Il nous balance de la menue monnaie à la figure et nous crie : « Si vous n’avez pas de fric, faut rester en France ! Faut pas venir en vacances ici ! » Le ton est donné !

Extrapolations ?

C’est gai… Il nous reste quelques jours à tenir. Nous dégotons un « taxi » pour nous emmener dans le désert voir un site archéologique. Nous montons dedans. Le chauffeur est au volant mais d’un seul coup il descend et plusieurs hommes montent dans la voiture. Un à sa place, un autre à côté et deux autres qui nous entourent. Ils nous regardent de travers. « Allez on part ! Dépêche-toi! » dis le plus jeune au chauffeur. Nous nous regardons avec mon ami. En même temps nous avons la même pensée et nous sortons précipitamment du véhicule, chacun de notre côté. Un des hommes tente de nous dissuader de partir. Je ne sais ce qu’il se serait passé si nous avions été assez stupides pour « faire confiance » … Je vous laisse extrapoler… Puis tout le voyage, de plus en plus galère, fut ponctué d’incidents de ce genre : un homme qui nous suit dans l’ancienne nécropole, entre les tombes et les mausolées, et qui ne nous lâche pas d’une semelle jusqu’à ce que nous quittions le lieu, des chauffeurs de taxi qui veulent nous empêcher de prendre le bus et nous convaincre de venir avec eux, des taxis qui changent le prix de la course à la dernière minute pour des motifs non valables…

On fouille violemment nos sacs

Dernière surprise : arrivés à l’hôtel on fouille nos sacs violemment et on nous force à jeter les bouteilles d’eau et la nourriture : « Si vous voulez de l’eau ou des biscuits, on en vend à la boutique de l’hôtel » nous dit le vigile. Effectivement il s’y vend des bouteilles d’eau à 6 euros pièce … Un dimanche matin, qui a mis du temps à arriver (6 jours), me voici enfin débarquée à Roissy. C’est le mois d’août. Paris est vide. Je rentre chez moi à Maisons-Alfort. Je retrouve mon grand appartement vide. J’appelle mon fils pour lui expliquer que je lui ai ramené un chameau (obtenu à prix d’or…) qui fait de la musique. Quelque chose en moi s’est brisé. Je n’ai plus envie de voyager. J’ai peur de la nature humaine. Je suis plus angoissée encore qu’auparavant. La ville toute vide me parait belle. J’arrive même à prendre un café, seule, au bistrot bleu des bords de marne qui est le seul ouvert dans toute la ville. J’apprécie vraiment d’être rentrée chez moi.

Heureusement quelques mois plus tard je partirai en Grèce. Je débarquerai 24 heures après les émeutes pour faire un reportage et franchement tout me paraîtra moins hostile que ce que j’ai vécu du côté de la Tunisie. A Athènes, en plein hiver, je me promènerai seule ou avec une amie, à Syntagma, très tard le soir. Nous discuterons avec des « parea » (bandes d’amis) sans crainte. Nous fêterons la nouvelle année dans une église évangélique qui accueille les réfugiés et passeront des moments incroyables. Oui il me faudra Cela pour reprendre confiance et croire de nouveau aux vacances… Le bonheur est parfois seulement Ailleurs…

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