Les petites galères de l’allaitement

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Pour mon second bébé, comme pour le premier, j’ai choisi l’allaitement maternel exclusif et à la demande. Lorsqu’on vit ses grossesses alitées (5 mois pour le premier, 6 mois pour le second), il est difficile de s’engager dans la relation mère-enfant in-utero… On a peur de s’attacher, peur de ne pas mener sa grossesse à bien (surtout quand on constate à quelle vitesse peut s’ouvrir un col défaillant…), du coup l’allaitement long est vraiment perçu à la fois comme une récompense (beaucoup de temps pour admirer bébé!) et comme un véritable tisseur de liens. Bref, allaiter longtemps a toujours été pour moi une évidence. J’ai allaité le grand (aujourd’hui presque 11 ans) pendant 1 an. J’ai regretté de ne pas être allée jusqu’à ses deux ans mais à trente ans et en reprise d’études, il me fallait retrouver un peu de temps pour moi et me rendre régulièrement en Alsace pour passer mes examens…

Pour le grand, Noé, un « téteur fou » si je puis dire, je n’ai rencontré absolument aucun souci. Quelques crevasses la première semaine, les bouts de seins en silicone étaient venus à mon secours, puis un allaitement idéal jusqu’à ses 1 an. Noé tétait dans toutes les positions et était très demandeur – né en été caniculaire il demandait une tétée toutes les heures, jour comme nuit – autant dire que mes seins étaient bien drainés !

Pour Ashley, j’ai encore eu des crevasses au début et j’ai fait l’erreur de ne pas varier les positions d’allaitement car il tétait parfaitement à l’horizontale. De plus, il réclame ses tétées très vigoureusement, grands cris à l’appui. Donc à chaque fois j’ai tendance à me précipiter et à dégainer mon sein pour combler ses désirs sans faire attention au fameux alignement oreille-épaule-hanche… Conclusion, au bout d’à peine un mois : un canal lactifère bouché qui s’est mué en mastite douloureuse et beaucoup d’angoisse pour moi ! J’ai fait appel à plusieurs personnes (médecin généraliste, deux sage-femme, une puéricultrice de maternité…) mais aucune n’a su réellement régler le souci. Les conseils récoltés se sont même avérés très contradictoires… J’ai donc fini, ce jeudi matin, aux urgences de la maternité de chez moi avec 38,2 de fièvre et des nausées, cela dans un contexte on ne peut plus anxiogène (moins de lait pour Ashley qui est un goulu, un bébé qui tète moins et s’agace au sein et la crainte qu’il ne se déshydrate car début de grève de la tétée…) J’ai heureusement été vraiment bien prise en charge par une femme gynéco qui m’a placée sous antibios et donné pas mal de conseils. J’ai également été rassurée car ce souci virait au drame pour moi, avec la crainte de ne plus pouvoir allaiter Ashley ou de lui transmettre un mauvais lait ou pire un microbe (je guettais la couleur sans cesse…) Quant à Internet, on y trouve d’horribles histoires de femmes dont la mastite s’est transformée en abcès ou septicémie… Pour la quasi hypocondriaque que je suis c’est juste l’horreur les forums sur l’allaitement !

Après trois ou quatre jours d’angoisse, très peu de sommeil et une production ralentie, je pense avoir dépassé le cercle vicieux et recommence à avoir plus de lait, bébé tête davantage (en même temps il a doublé son poids de naissance en 3 semaines ! Donc pas trop de craintes à avoir pour lui !)

Comme beaucoup de gens décrient l’allaitement dans mon entourage (« Un mois déjà ? Elle arrête quand d’allaiter ? »), il me faut systématiquement aller chercher de l’écoute (et un peu de soutien moral au passage) chez des convaincue. J’ai donc le numéro de la sage-femme de PMI dans mon portable ainsi que celui de la sage-femme libérale qui a suivi ma grossesse alitée à domicile. J’ai même entré le numéro de la ligne Info Allaitement 24/24 heures et 7/7 jours de l’hôpital le plus proche et n’hésiterai pas à me déplacer, comme jeudi dernier, en cas d’impasse. Et pourtant ce n’est pas comme si j’étais néophyte ! J’ai tout de même déjà allaité un bébé 1 an ! Comme quoi chaque expérience d’allaitement varie en fonction de l’âge, du contexte, de la fatigue et surtout du bébé. Consolation : Noé prenait très très bien (5 kg à 2 mois !) et Ashley a une courbe de croissance encore plus élevée que son frangin. Donc malgré mes petits bobos à moi, pas de soucis pour eux. Mais je reste consciente d’une chose : mon allaitement que je voudrais long dépend en grande partie de moi, de ma santé, de mon état et même de mon moral. Je mets donc beaucoup de choses de côté (j’ai pris une femme de ménage quelques heures par semaine, je ne travaillerai pas avant septembre et encore à temps choisi et à la maison, j’ai un peu sacrifié le look impeccable au profit du co-dodo si nécessaire pour tenir la forme lorsque bébé nous réveille deux à quatre fois par nuit…)

Je fais aussi désormais très attention à :

  • Mes heures de sommeil
  • Mon apport hydrique
  • Ma tenue : c’est pull obligatoire dans la maison et dehors car la « laiterie » supporte mal le froid… Risque de mastite…
  • Mon alimentation : que du sain et du varié, pas de saletés…
  • Les positions d’allaitement : les plus variées possible c’est mieux !
  • Le bon drainage des lolos : en cas de canal bouché je dirige le menton de bébé vers la zone rougie…
  • Le vidage total des seins une fois par jour sous la douche puis au tire-lait s’il le faut

Bref, j’espère avoir appris de mes erreurs qui n’avaient pas eu de conséquences sur mon premier allaitement mais qui en ont eu quelques désagréables pour le second. Et j’attends avec impatience l’arrivée des beaux jours, de la chaleur et des tenues plus légères et moins galère pour donner le lolo. Plus qu’un jour d’antibios pour moi et tout devrait rentrer dans l’ordre. Je croise les doigts… Je viens de commander ceci :

Je vous en parlerai bientôt !

Bonne semaine à vous toutes !

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