Méditation : comment s’y prendre ?

L’acte physique de méditation consiste le plus souvent à rester assis en silence, et à se concentrer sur son souffle, sur un mot ou sur une phrase. Cependant, on peut aussi méditer debout, ou même en marchant. En réalité, il n’est pas rare d’observer un moine qui médite dans les montagnes, marcher quelques pas, puis s’allonger de tout son long, et recommencer sur plusieurs kilomètres, jusqu’à ce qu’il atteigne sa destination.

Il existe de nombreuses pratiques traditionnelles, et une infinité d’autres façons de méditer. C’est peut-être cette nature polymorphe qui amène les débutants à se demander s’ils méditent correctement. D’après Roger Thomson, un docteur en psychologie qui exerce à Chicago, et pratique la méditation zen, il y a un seul moyen de le savoir : « si vous vous sentez mieux après, c’est que vous vous y prenez bien. »

Vu sous cet angle, cela a l’air facile, mais certaines personnes ne semblent pas y parvenir, même en s’y essayant fréquemment. D’après le diplômé de psychologie clinique, Steven Hendlin, qui exerce à Irvine, en Californie, « dépasser les bavardages internes que nous connaissons tous peut s’avérer un combat difficile. »

Trouver une méthode pour faire taire cette rumeur interne et diminuer le stress sont les raisons qui conduisent beaucoup de personnes à la méditation. « C’est un anti-stress très efficace », explique Thomson, qui invite parfois ses patients à la pratiquer en plus de séances de yoga, massages, ou relaxation. « Une personne en proie à l’anxiété tirera profit de son caractère apaisant. Ses bienfaits psychologiques sont évidents parce qu’elle implique une profonde introspection et invite à une meilleure acceptation de soi. »

Mais une meilleure conscience de soi peut aussi être néfaste. Le Dr Mark Epstein, un psychiatre qui exerce dans le privé à New York, et pratique la méditation, met en garde contre cette ironie : « La méditation peut vous rendre encore plus anxieux si vous découvrez des sentiments jusqu’ici refoulés ». Autrement dit, il devient impossible de se cacher quoi que ce soit lorsqu’on pratique la « pleine conscience ». Ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

 C’est pour cette raison que certains experts proposent de rapprocher méditation et psychothérapie. « Toutes deux offrent un moment de pleine conscience, la possibilité de s’ouvrir, sans être sur la défensive », explique Thomson qui explore la nature complémentaire de ces deux pratiques dans un article du American Journal of Psychotherapy :  » L’analyse et la méditation ont en commun d’aider les gens à ne pas se laisser accaparer par leurs préoccupations internes, tout en prenant intimement conscience de ce qui se passe ici et maintenant. »

Thomson va plus loin et rapproche le Zen aux théories de psychanalyse relationnelle, car selon lui, « les personnes qui pratiquent l’une ou l’autre sont amenées à prendre conscience qu’un point de vue purement individualiste déforme les expériences humaines. Admettre que la vraie nature des individus n’est ni individuelle, ni continue, ni isolée, c’est la base de la philosophie Zen. »

Pour aller plus loin :

Bonheur et sagesse

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