Nous, enfants de Grandsenne …

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Je ne peux m’empêcher de sourire lorsque mon regard se pose sur la petite commode d’Ashley, 2 mois, où trône le livre « Bébé, dis-moi qui tu es » de Philippe Grandsenne… Je l’ai racheté récemment et on peut dire qu’en le relisant, dix ans après la naissance de mon aîné, j’ai compris (de nouveau) beaucoup de choses sur la maternité, la parentalité, la vie in-utero, l’éveil et le sommeil de bébé. J’ai pu aussi prendre la mesure de mes « erreurs » de maman débutante (celle que j’étais il y a 10 ans), erreurs nécessaires à l’évolution. Oui quand j’ouvre le livre, j’ai des visions : celles de Noé, 1 mois, qui, enfin, s’endort dans mes bras après 3 heures de pleurs inexpliqués. Celle de ma mère, venue à la rescousse, épuisée qui déambule dans la maison le bébé dans les bras pour l’aider à trouver le sommeil et ces tétées interminables qui terminent en vaste régurgitation sur le parquet de la maison de campagne… Et puis d’un seul coup le père de Noé rentre du supermarché avec un livre à la main. Il l’a acheté « comme ça, au cas-où »; Et c’est la révélation! Et si nous nous épuisions, en fait, à ne satisfaire que nos désirs de nouveaux parents, à vouloir faire de bébé le bébé que nous imaginions pendant ma grossesse (cerclée et alitée), à ne pas vouloir entendre les angoisses de bébé, celles qu’il a « engrangé » in-utero pendant 6 mois d’angoisses, l’épée de Damoclès de la fausse couche tardive puis de la grande prématurité au-dessus de ma tête ? Et là tout s’éclaire ! Bébé est né à 8 mois, à terme donc. Tout va bien. « Bébén dis-moi qui tu es » nous souffle de lâcher-prise tout simplement. Voici qu’après 1 mois de nuits blanches et de pleurs, de tétées toutes les 30 mn le jour comme la nuit, nous optons pour des solutions qui vont satisfaire enfin bébé. « Tu es le roi pendant 100 jours !  » voilà ce que nous disons à Noé. On lâche du leste, on co-dodo une fois par jour, en toute sécurité bien-sûr, quand tout le monde est trop crevé. Et hop, Noé ne nous réveille plus que 4 fois par nuit et il sourit. Il cesse de pleurer quand vient le soir. Vers 5 mois on passe à 2 réveils. Puis vers 7 mois un seul réveil qu’il conservera jusqu’à ses 11 mois, moment où je cesse, à regrets, de l’allaiter.

10 ans plus tard, la leçon a été apprise. Dès la naissance d’Ashley, mon mari et moi envisageons les premiers mois comme une période entièrement dédiée à bébé. Une période qui va lui donner confiance en nous. J’allaite à la demande, au diable les horloges, balances et chronomètres, pures inventions humaines servant à épancher la soif de contrôle de l’homme qui ne veut pas croire qu’un nouveau-né soit un petit animal. Un petit être à part entière doté de réflexes archaïques comme le fouissement. Un être qui réagit aux mouvements, aux odeurs. Qui pleure quand la « laiterie » quitte la pièce et s’endort paisiblement lorsqu’elle est revenue et lui dit : « Maman est là. Tu peux dormir ». Un être qui ne demande qu’à se qu’on « lui explique » ce qu’on fait et où on va.

A deux semaines, Ashley nous réveille trois fois par nuit. A trois semaines 2 fois pour deux grosses tétées-câlins. Aujourd’hui, âgé de 8 semaines, Ashley fait ses nuits depuis 5 jours. Il s’endort vers 20h00 et se réveille à 5. Neuf heures de sommeil. Voilà une nuit de bébé ! Après sa tétée de 5 heures, il se rendort jusqu’à 8h00. Deux heures de sommeil « en rab » pour nous ! Ashley pleure peu, aime le portage peau à peau, sourit beaucoup, c’est un bébé à la fois très éveillé et calme. Il a trouvé son rythme. Je ne regrette pas d’avoir racheté le livre de Grandsenne, qui m’a « rafraichit » la mémoire.

Sans vouloir vous « spoiler » car chacun doit faire son expérience d’un tel ouvrage, en tirer ses propres conclusions, je crois être devenue une maman meilleure en décidant de ne plus suivre les modèles imposés par la société, par « les autres », par les réflexions de « tous ces visiteurs » plus ou moins snobs qui voudraient tellement vous offrir leurs conseils en plus d’un doudou trendy ou d’un jouet en bois tellement smart… Conseils qui ne peuvent s’appliquer qu’à LEUR enfant puisque chaque bébé est unique ! Souvenons-nous en ! Le bleu ou le rose, la tétée ou le biberonnage, la rigueur contre le maternage… Et si chacun laissait, en matière de prise en charge des nouveaux-nés, l’autre agir selon ses inspirations, selon son ressenti ! Les petites cases et les préjugées ont été brisés chez nous. Il a fallut des nuits blanches pour en arriver là, pour le bonheur nouveau de toute la famille.

Je vous recommande ce livre, utile, et vraiment indispensable aux parents qui aimeraient « tout contrôler » de leur enfant !

 

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