Tenir l’équilibre facilement dans toutes sortes de danses

J’ai reçu un email d’une jeune danseuse qui avait vu certaines des photos de mon blog de danse et qui me demandait comment j’arrivais à tenir l’équilibre sans me « blesser au niveau du cou ». Je vais tenter de répondre avec mes bases et mes propres sensations dansées.

Le fameux fil invisible n’est pas si bon…

Tout d’abord il me semble que le fait de tenir droite et souple à la fois en hauteur, en demi-pointes n’est pas une histoire de « cou ». Bien-sûr en danse classique comme en orientale, en tsifteteli et dans plein d’autres danses on vous fait le coup du « fil d’Ariane » invisible qui vous relie au ciel par la tête, un peu comme si vous étiez une marionnette. J’utilise aussi cette image sur certains exercices de gym douce où il faut se tenir droite mais en fait le cou n’a rien à voir. En tentant de vous grandir vous tirez sur vos pieds, genoux, épaules, cou et tête, et ce vers le haut. Vous risques donc de vous faire mal aux cervicales (un peu comme si vous faisiez des abdos en tirant sur la nuque plutôt qu’en déroulant les vertèbres une après l’autre).

L’axe central est plus en avant qu’on ne le pense

De plus la boite crânienne est lourde et quand vous faites ceci vous penchez vers l’arrière ce qui fragilise la colonne en la tassant. L’axe de l’équilibre est plus central. Il ne passe pas contre votre colonne mais davantage au centre de votre thorax si je puis dire. Quand vous bombez la poitrine vous ne vous grandissez pas en fait mais vos épaules glissent vers l’arrière et cela accentue la cambrure du bas du dos.

 La force invisible prête à se déployer

Pour bien tenir en équilibre j’imagine qu’une force invisible grandit entre mon thorax et mes mains et même qu’elle pousse mes mains. Le travail d’équilibre est aussi physique que mental selon moi. Avant d’essayer penser à relâcher vos épaules, à détendre (et non pas relâcher) vos genoux, à ouvrir légèrement la bouche pour éliminer les tensions dans la mâchoire et à sourire non pas de manière forcée mais de manière naturelle. Cela décrispe immédiatement le visage. Veillez aussi à étirer pecs, dorsaux, trapèzes avant et à faire quelques mouvements de « natation » des bras. Autre chose : épaules et hanches doivent être alignées, dans la souplesse, sans forcer pour les ramener sur la même ligne. Il ne s’agit pas de crisper ses jambes très fort pour repousser le sol mais plutôt de ressentir de l’intérieur (et aussi mentalement) la poussée intense que vous pouvez exercer sur le sol. Pour bien positionner le bassin je vous conseille d’effectuer une bascule avant puis de relâcher en respirant, naturellement, sans forcer de façon à ce qu’il ne retrouve pas tout à fait la cambrure d’origine mais qu’il soit juste « en place » et détendu et non en position contre-nature forcée.

 J’ai trouvé cette vidéo sur Youtube : elle est très explicative je trouve. Elle fait référence à la Technique Alexander (j’avais fait une chronique sur le livre en septembre dernier).

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