Une piscine au paradis

Ceux qui m’ont déjà lu ailleurs savent que je suis partiellement handicapé. Marcher m’est très pénible car je souffre d’une neuropathie périphérique atteignant mes jambes et mes pieds. Aussi, je me dois d’effectuer chaque jour ce précieux petit exercice rituel : marcher 20 pas et m’asseoir (!) alors nager est finalement le meilleur moyen de réaliser cet exercice dont j’ai tant besoin… Sans l’effet de gravité sur mes muscles dans une piscine, il y a peu de douleur et je peux bouger presque normalement et nager correctement, et même faire mes petits exercices d’aérobic. Mais comme on a déménagé dans une région qui est pauvre et carrément sous-développée, et montagneuse de surcroit, comment allais-je trouver une piscine municipale ? Alors, bien-sûr, on a jeté un coup d’œil aux alentours… A notre grand étonnement, nous avons trouvé pas moins de deux belles piscines tout près de Teocelo !

La première se situait dans une jolie petite station de vacances au nord de la ville. Bon, bien-sûr, elle était un peu coûteuse et comme elle n’était pas loin de l’autoroute finalement elle était assez bruyante, on y entendait les bus et les camions qui déboulaient sur la Highway, et en plus de cela elle était hautement chlorée… Mais j’étais déjà bien content d’avoir trouvé une piscine ouverte au public. Et puis, tout de même, c’était une très belle piscine…

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Mais lors d’une petite sortie pour explorer ce village dénommé Baxtla à 5 miles de Teocelo, j’ai trouvé la « piscine de mes rêves » ! « Un jour ma piscine viendra… » bref vous connaissez la chanson… Nous avions roulé environ 1 km au sud, à la sortie de la ville, sur une bonne route pavée qui aboutissait à une petite vallée située juste au dessous de Teocelo. Il n’y avait là que 4 maisons. C’était un lieu pittoresque et vierge de toute forme de tourisme et qui, surtout, dénotait avec tout ce que nous avions pu voir jusqu’ici. J’eus alors une drôle d’apparition ! Cela ressemblait à un grand bassin (ou peut être un réservoir de truites comme on en voit encore dans certaines fermes) mais certainement pas une piscine. Impossible ! Laissez moi vous dire que quand vous aimez nager et que vous en avez besoin, vous commencez à voir des piscines partout !

Mindy est descendue du camion et a demandé à un jeune gars qui réparait une voiture ce qu’était ce gros réservoir d’eau. C’était bien une PISCINE, parfait ! 10 pesos la journée pour nager autant que je voulais ! J’ai hurlé de joie, j’étais comme un fou et croyez moi je n’ai pas perdu de temps !

Cette piscine était IMMENSE et moins chère que celle de la station de vacances. Elle n’avait pas besoin de chlore ou de filtration spéciale car c’était la rivière qui la fournissait directement en eau naturelle, courante et renouvelée en permanence. Avez-vous remarqué l’espèce de bec verseur à droite de la photo? Il remplit continuellement la piscine. Les débordements se déversent tout seuls en haut et retournent à la rivière. Pas de trafic, ni de klaxons dans la vallée ! Mais une ambiance géniale !

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Et voilà comment cette piscine est devenue notre maison numéro 2. Nous sommes ses clients les plus fidèles, ça j’en suis certain. Ses bâtisseurs sont devenus, au fil du temps, un prolongement de notre famille et nous sommes toujours chaleureusement accueillis. Certains sont devenus des amis proches. Un jeune que nous connaissons, Torebio, parle un peu anglais et a été employé sur un chantier de construction en Caroline du Sud pendant deux ans, le temps d’économiser l’argent dont il avait besoin pour se marier ici. Effectivement il a fini par épouser la fille qui l’attendait tous ces mois durant et de retour à la maison ils ont eu leur bébé, une petite fille. Et cela a été l’évènement majeur de la Vallée où presque tous les gens ont des uniquement eu petits garçons !

La semaine, nous avons la piscine pour nous tous seuls. Les weekends, plein de gosses descendent de la ville pour venir se baigner là. Avec le début de l’hiver cependant, les nuits deviennent frisquettes et l’eau « muy fria » (très froide). Quoiqu’il en soit, je nage régulièrement. Mais on me dit que je suis le dernier qui se baigne encore en cette saison…

J’y vais armé de mon thermos de café chaud et je porte un super bonnet de ski quand je nage. Encore un « américain frappé », c’est probablement ce qu’ils pensent ici ! On se fait de bonnes séances de rigolades avec le gars dont je parlais précédemment quand je me décris ainsi : « Another loco Americanos ». D’ailleurs il ne dément en rien (sûr qu’il pense que je le suis !).

Comme on s’est gentiment fait délogés du nouvel endroit qu’on louait pour garer notre Airstream, maintenant on dort dans la grande rue qui bifurque sur la route pour Baxtla. On ne pouvait pas être plus près de notre « Piscine au paradis ». Certaines choses sont écrites, tout simplement !

Ford Byron

 

portrait-fordNotre nouveau chroniqueur se nomme Ford et a 26 ans. Il est originaire de Fox River Grove dans l’Illinois et écrit depuis un petit village situé non loin de Teocelo, au Mexique . Il sera la touche masculine et américaine de la nouvelle version de ce blog. Sa mission ici ? Écrire avec son âme avant tout et surtout laisser le contenu informatif de côté au profit de la spontanéité. Il est rédacteur mais est davantage connu aux USA comme essayiste. Il a réalisé de nombreux reportages sur les modes de vie, la beauté, la nature et a développé un style de poésie résolument américaine et inspirée de la nature, dans ses fondements. J’espère que vous apprécierez le récit de ses aventures en terre lointaine autant que moi !

 

 

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1 Comment

  1. Quand je lis le témoignage de Ford publié sur mon blog, je me dis que certains jeunes ont vraiment une vie simple, saine et inspirante. C’est très motivant de pouvoir lire des gens qui sont déconnectés et qui favorisent le réel au virtuel tout en allant au devant de rencontres d’exception et au devant des différences culturelles.

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